Observatoire · Dette publique

Dette du Sénégal : le chiffre dépend du périmètre

Après l'alternance de 2024, la Cour des comptes a révélé que les chiffres officiels ne décrivaient pas toute la dette. Depuis, le débat ne porte plus seulement sur combien l'État doit, mais sur qui est compté, quelle dette est incluse, quelle base de PIB est utilisée, et combien le service de la dette laisse réellement pour financer le pays.

Sources officielles datées · Cour des comptes, FMI, ANSD, ministère des Finances · 2023 → 2026
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Un seul pays, plusieurs chiffres de dette

On lit tantôt 99,67 %, tantôt 118,8 %, tantôt 132 %, tantôt 117,3 %. Ce ne sont pas des contradictions : ce sont des mesures différentes, qui ne parlent ni du même périmètre, ni de la même année, ni de la même base de calcul du PIB. Les comparer directement n'a pas de sens. Voici ce que chacune dit.

99,67 %
Dette auditée par la Cour · fin 2023
administration centrale · base PIB 2014 · 18 558,91 Md FCFA
confirmé Cour des comptes, rapport du 12 févr. 2025
118,8 %
Dette révisée par le FMI · fin 2024
administration centrale · base PIB 2014 · après réconciliation Forvis Mazars
confirmé FMI, communiqué du 26 août 2025
132 %
Dette élargie FMI · fin 2024
secteur public + parapublic + arriérés · base PIB 2014
confirmé FMI, communiqué du 6 nov. 2025
117,3 %
Dette au budget · fin 2025
administration centrale · nouvelle base PIB 2021 · ≈25 368 Md FCFA
confirmé loi de finances 2026
La clé de lecture : une dette peut baisser en ratio sans baisser en montant, si le PIB est réévalué ou si le périmètre change. C'est exactement ce qui s'est passé fin 2025. Les sections suivantes démêlent chacun de ces chiffres.
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Ce que la Cour des comptes a révélé sur fin 2023

Après l'alternance de mars 2024, la Cour des comptes a audité les finances publiques (rapport du 12 février 2025, portant sur les gestions de 2019 au 31 mars 2024). Elle a établi un écart majeur entre les chiffres déclarés et la situation réelle, sur deux plans : le déficit et la dette.

Déficit 2023 · déclaré (TOFE)
4,9 %
911,7 Md FCFA, inscrit au Tableau des opérations financières de l'État
Déficit 2023 · recalculé par la Cour
12,3 %
2 291 Md FCFA, soit un écart d'environ 1 379 Md

La Cour a réintégré des dépenses exécutées hors du circuit budgétaire, des rattachements de recettes jugés irréguliers et une dette bancaire hors cadrage. L'écart tient donc autant à un périmètre de calcul élargi qu'à des montants antérieurement sous-déclarés. Le même écart vaut pour la dette : la Cour établit la dette de l'administration centrale à 18 558,91 Md FCFA fin 2023, soit 99,67 % du PIB, contre environ 74 % annoncés par le gouvernement précédent.

S'en tenir au rapport. Le rapport porte sur la sincérité des comptes publics. Il établit une dette et un déficit très supérieurs aux chiffres officiels, des emprunts réalisés hors du circuit budgétaire, et des écritures non conformes. Il ne qualifie pas, à lui seul, ces écarts de détournement : les responsabilités pénales relèvent d'autres procédures. Cet observatoire s'en tient aux constats et à leurs suites institutionnelles.
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Pourquoi le ratio change : périmètre et base de calcul

Ce graphique met côte à côte les cinq mesures qui circulent. Les quatre premières utilisent l'ancienne base de calcul du PIB (base 2014). La dernière repose sur la nouvelle base 2021. Lire ces barres comme une évolution dans le temps serait une erreur : elles ne sont pas comparables entre elles.

Fin 2023 · déclaréadministration centrale, base PIB 2014
74 %
Fin 2023 · audité Couradministration centrale, base PIB 2014
99,7 %
Fin 2024 · FMI admin. centralebase PIB 2014
118,8 %
Fin 2024 · FMI élargisecteur public + parapublic, base PIB 2014
132 %
Fin 2025 · budgetadministration centrale, nouvelle base PIB 2021
117,3 %
Le piège du dénominateur. À périmètre identique (administration centrale), le ratio passe de 118,8 % (base 2014, fin 2024) à 117,3 % (base 2021, fin 2025) alors que la dette a augmenté en montant, d'environ 23 700 à 25 400 Md FCFA. Le ratio recule non parce que la dette diminue, mais parce que le PIB qui sert de dénominateur a été réévalué de 13,5 % lors du passage à la base 2021 (nouveau PIB de référence : 17 316 Md FCFA). À base de calcul identique, le ratio aurait continué de monter. confirmé ANSD, comptes nationaux base 2021, 25 nov. 2025.
Qui compte quoi. La Cour des comptes mesure la dette de l'administration centrale (dette budgétaire plus passifs réintégrés). Le FMI d'août 2025 mesure la même administration centrale, mais réconciliée après revue par le cabinet Forvis Mazars. Le FMI de novembre 2025 élargit au secteur public et parapublic, entreprises publiques et arriérés compris. La loi de finances 2026 revient au périmètre administration centrale, mais sur la nouvelle base PIB. Quatre chiffres, quatre définitions.
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Ce que ça coûte en 2026 : le besoin de financement

Faute de rapport de dette à jour, c'est le budget 2026 (voté en novembre 2025) qui révèle le poids réel des remboursements. Et ce poids est massif : l'essentiel de ce que l'État doit lever en 2026 ne sert pas à financer le pays, mais à rembourser la dette passée.

71 %
du besoin de financement sert à l'amortissement de la dette
4 307,4 Md sur 6 075,3 Md FCFA
confirmé rapport économique et financier, PLF 2026
6 075,3 Md
Besoin de financement total · 2026
FCFA · dette à rembourser + déficit à couvrir
confirmé PLF 2026
4 307,4 Md
Amortissement de la dette · 2026
FCFA · dont 2 017,5 Md extérieure, 2 289,9 Md intérieure
confirmé PLF 2026
1 190,6 Md
Intérêts et commissions · 2026
FCFA · charges financières de la dette publique
confirmé PLF 2026
Précision de vocabulaire : l'amortissement, c'est le remboursement du capital emprunté ; les intérêts et commissions, c'est le coût de l'argent. Les deux ensemble forment le service de la dette, projeté à 2 672 Md FCFA en 2026 par le ministère des Finances, avant de refluer vers 2 074 Md en 2027 et 2 162 Md en 2028. S'y ajoute le refinancement d'échéances lourdes, dont environ 1,1 milliard de dollars d'eurobonds entre 2026 et 2028.
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Ce que la dette pèse dans le budget 2026

Plutôt que de comparer les intérêts à tel ou tel ministère, voici les grandes masses du budget 2026 côte à côte. Les intérêts de la dette y figurent comme un poste à part entière, du même ordre de grandeur que les salaires de l'État ou l'investissement.

Biens, services, transfertsfonctionnement courant
1 650,0 Md
Personnelsalaires de l'État
1 532,8 Md
Investissement · ressources internes
1 448,9 Md
Investissement · ressources externes
1 355,0 Md
Intérêts et commissions de la dette
1 190,6 Md
Ce que ça veut dire : les seuls intérêts de la dette (hors remboursement du capital) pèsent 1 190,6 Md FCFA en 2026, un montant comparable à l'investissement de l'État sur ressources internes. Chaque franc payé en intérêts est un franc qui ne va ni à l'école, ni à l'hôpital, ni aux routes. Et ce n'est que la partie intérêts : le remboursement du capital (4 307,4 Md) s'y ajoute. confirmé présentation du budget 2026.
Repères d'exécution 2025 : recettes budgétaires 4 477,1 Md FCFA (+11,8 %), dépenses totales 5 864,6 Md, déficit 1 387,5 Md soit 6,44 % du PIB (mieux que la cible de 7,82 %). confirmé RTEB au 31 décembre 2025.
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Les procédés comptables relevés par la Cour

Le rapport relève des écritures et pratiques qui ont creusé l'écart entre les comptes déclarés et la situation réelle. Voici les principaux mécanismes constatés, et leur effet sur les comptes.

Procédé constatéEffet sur les comptesEnjeu
Certificats nominatifs d'obligations (CNO) émis sans autorisation parlementairedette non correctement intégrée aux statistiquessincérité budgétaire
Dépenses exécutées via des comptes de dépôtdépenses hors du circuit budgétaire normalcontrôle parlementaire affaibli
Rattachement de recettes à un exercice antérieurdéficit affiché minoréimage faussée des comptes
Créances douanières et taxes omisesrecettes et passifs incompletspilotage budgétaire faussé
Prudence. TRAME ne qualifie pas pénalement ces faits. Il documente les mécanismes comptables constatés par la Cour. La qualification éventuelle relève de la justice.
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Dette non déclarée ne veut pas dire détournement

C'est une distinction essentielle, souvent perdue dans le débat public. La Cour et le FMI documentent une sous-déclaration de dette et de déficit, des passifs non déclarés et des pratiques comptables irrégulières. La qualification pénale éventuelle relève d'autres procédures. Il faut distinguer quatre niveaux, du plus établi au plus incertain.

NiveauCe que ça veut direStatut
Écart comptablele chiffre officiel était faux ou incompletétabli
Passif non déclaréune dette ou un arriéré réel n'était pas inclusétabli
Faute de gestionresponsabilité administrative possibleà instruire
Infraction pénaledétournement ou fraudeà établir par la justice
Les deux premiers niveaux sont documentés par les institutions. Les deux derniers ne peuvent être affirmés sans procédure judiciaire. Confondre « dette cachée » et « argent volé » est une erreur de raisonnement que cet observatoire évite délibérément.
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FMI : programme gelé, nouveau départ conditionné

La révélation des chiffres réels a rompu la relation avec le Fonds monétaire international. La chronologie est nette, et ses conséquences se font sentir sur le coût de l'argent que l'État emprunte.

DateÉtape
2024L'État reconnaît avoir transmis des données erronées. Le FMI gèle son programme et ses décaissements.
Mars 2025Première mission du FMI : la dette est confirmée à près de 100 % du PIB.
Août 2025Mission du FMI : la dette de l'administration centrale est confirmée à 118,8 % du PIB fin 2024, la révision reflétant principalement des passifs précédemment non déclarés.
Nov. 2025Communiqué du FMI. Pas de nouveau programme tant que les irrégularités ne sont pas clarifiées.
Caa1 · CCC+
Note souveraine
Moody's Caa1 (oct. 2025), S&P CCC+ (nov. 2025) · catégorie spéculative
confirmé agences de notation, 2025
2,2 %
Croissance 2026 attendue
prévision abaissée
confirmé Banque mondiale, 2025
16 160 Md
Dette extérieure · admin. centrale, fin 2024
FCFA · 68,3 % du total, sensible au dollar et aux marchés
confirmé ministère des Finances
Conséquence directe : raréfaction des financements et dégradations de note, donc des emprunts plus chers. Selon les autorités, l'enjeu central est désormais le refinancement des échéances plus que la solvabilité.
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La transparence a progressé sur le passé, pas sur le suivi courant

L'audit a fait la lumière sur les années passées. Mais depuis, le suivi régulier de la dette n'a pas retrouvé son rythme. Plusieurs informations clés ne sont pas publiées de façon détaillée, alors même que la transparence est au cœur des engagements pris devant le FMI. L'absence de ces données est, en soi, un fait à documenter.

DonnéeStatut
Rapport de la Cour (gestions 2019 au 31 mars 2024)public
Grands agrégats de la loi de finances 2026public
Réconciliation Forvis Mazarsnon publiée intégralement
Audit des arriérés (Inspection générale des finances)en attente
Dette parapublique détailléenon ventilée
Nouveaux emprunts contractés depuis 2025pas ligne par ligne
Bulletin statistique détaillé de la dettedernier identifié : T1 2024
Le résultat concret : pour connaître le poids réel de la dette fin 2025, il faut le déduire de la loi de finances 2026, faute de rapport dédié. Dans sa note de fin décembre 2025, l'ANSD présente d'ailleurs toujours la dette de 2024 comme provisoire.
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Le plan de redressement : des engagements à suivre

Le gouvernement vise un retour à l'équilibre sans austérité brutale, en s'appuyant aussi sur les futures recettes du pétrole et du gaz. Dans les faits, la loi de finances 2026 inclut des coupes sur le fonctionnement et de nouvelles taxes, dont le poids est diversement ressenti.

3 %
Déficit visé d'ici 2027
contre 12,3 % en 2023 (recalcul Cour) · trajectoire : 6,44 % en 2025, 5,37 % en 2026
confirmé gouvernement du Sénégal, 2025
474 Md
Arriérés apurés en 2025
sur 500,9 Md prévus, soit 94,6 % de l'objectif · 300 Md à régulariser en 2026
confirmé RTEB au 31 déc. 2025
586,9 Md
Investissement sur ressources internes · LFR 2025
FCFA · 186,7 Md exécutés à mi-année, soit 31,8 %
confirmé DPBEP 2026-2028
Réformes de gouvernance engagées : gestion de la dette centralisée, audit des arriérés, base de données unifiée, compte unique du Trésor renforcé. Elles améliorent le pilotage, mais ne suppriment pas la dépendance au financement extérieur. Ce sont des engagements que cet observatoire suivra dans la durée.
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Les plans annoncés face aux chiffres d'exécution

Depuis 2024, l'État a empilé plusieurs cadres pour reprendre la main sur la dette. Cet observatoire ne juge pas leur sincérité : il met côte à côte ce que chaque cadre annonce et ce que les chiffres d'exécution montrent, et laisse l'écart se lire.

CadreLancéCe qu'il annonce sur la dette
Vision Sénégal 2050 · Agenda national de transformation14 oct. 2024rompre avec la dépendance à la dette étrangère, s'appuyer sur les ressources locales
Stratégie nationale de développement 2025-20292024-2025ramener la dette publique à 70 % du PIB « dans un délai raisonnable », croissance 6,5 à 7 %
Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025-20272025lisser le profil de remboursement sur 2026-2027, développer le financement domestique
Plan de redressement économique et social (PRES)1er août 2025mobiliser des recettes nouvelles (762,6 Md attendus en 2026) pour réduire le déficit

Ce qui est annoncé

  • dette ramenée à 70 % du PIB (SND 2025-2029)
  • déficit ramené à 3 % d'ici 2027
  • 762,6 Md FCFA de recettes nouvelles en 2026 (PRES)
  • moins de dépendance à la dette extérieure

Ce que montre l'exécution

  • dette à 117,3 % fin 2025, loin de la cible de 70 %
  • service de la dette à 2 672 Md prévu en 2026
  • recettes du PRES à 57,2 % de l'objectif au T1 2026
  • 71 % du besoin de financement 2026 sert à rembourser la dette
Ce que cet écart dit, et ne dit pas : il montre que les objectifs affichés sont, à ce stade, loin d'être atteints. Il ne permet pas de conclure que les plans échoueront, ni qu'ils sont insincères. Un plan de redressement se juge sur plusieurs années, pas sur un trimestre. Cet observatoire suivra la trajectoire réelle, année après année, sans préjuger de son issue. confirmé SND 2025-2029, PRES, DPBEP 2026-2028, RTEB T1 2026.
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Les nouvelles taxes : ce qu'elles prélèvent, ce qu'elles rapportent

Pour financer le redressement, l'État a instauré depuis octobre 2025 une série de prélèvements qui touchent le quotidien : mobile money, transferts d'argent, jeux et paris, téléphonie, produits importés. Voici lesquels, à quel taux, et surtout ce qu'ils rapportent réellement face aux attentes.

PrélèvementTauxRecette attendue
Jeux de hasard et paris (revenus des opérateurs + gains des joueurs)20 % + 20 %300 Md
Paiements reçus par les commerçants via mobile money0,5 %76,5 Md+
Transferts d'argent (TTA)0,5 % · plafond 2 000 F/transaction
Téléphonie fixe et mobile (RUTEL étendue : droits, taxes, TVA à l'importation)selon appareil
Alcools importés / boissons locales / tabac65 % / 40 % / 100 %
Ensemble des mesures du PRES762,6 Md

Le taux de pression fiscale doit passer de 19,3 % (2025) à 23,2 % (2026) grâce à ces mesures. Mais l'écart entre l'attendu et le perçu est déjà visible dès le premier trimestre.

Recettes PRES attendues · T1 2026
94,8 Md
objectif trimestriel fixé par l'État
Recettes PRES perçues · T1 2026
54,2 Md
soit 57,2 % de l'objectif
Le décalage que ressentent les citoyens : les prélèvements sont bien en place et pèsent sur les transactions du quotidien, mais l'État reconnaît des difficultés à définir l'assiette et à recouvrer, notamment sur les transferts d'argent, les paiements électroniques et les jeux. Résultat au premier trimestre 2026 : 54,2 Md perçus sur 94,8 Md attendus. Le ministère parle d'une « montée en régime progressive ». confirmé RTEB au 31 mars 2026.
Un débat que TRAME documente sans trancher : ces taxes soulèvent des questions légitimes. Le mobile money est un pilier de l'inclusion financière (taux de pénétration de 197,8 % en 2024) ; le taxer peut freiner cet usage. Le FMI lui-même a appelé à la prudence sur ces prévisions de recettes. À l'Assemblée, des députés ont exprimé des réserves sur l'impact des nouvelles taxes sur les populations. Ces points sont des faits, pas des opinions : cet observatoire les rapporte, sans se prononcer sur l'opportunité des mesures.
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Sources et méthode

Cet observatoire s'appuie sur des sources primaires datées, sans reprendre les interprétations politiques. Presse et agrégateurs ne servent que de point de départ vers ces documents.

Audit fin 2023 (sections 2, 3, 6) : Cour des comptes, rapport sur les finances publiques (gestions 2019 au 31 mars 2024), 12 février 2025. Dette 18 558,91 Md FCFA / 99,67 % du PIB ; déficit recalculé 12,3 % contre 4,9 % déclaré ; CNO, comptes de dépôt et autres procédés.
Révisions FMI (sections 1, 3, 8) : FMI, communiqués du 26 août 2025 (dette administration centrale 111 % fin 2023, 118,8 % fin 2024, après réconciliation Forvis Mazars) et du 6 novembre 2025 (secteur public et parapublic 132 % fin 2024, dont arriérés).
Base PIB et budget (sections 1, 3, 4, 5, 10) : ANSD, comptes nationaux base 2021 (PIB réévalué de 13,5 %, à 17 316 Md FCFA), 25 novembre 2025. Loi de finances 2026 et rapport économique et financier (besoin de financement 6 075,3 Md ; amortissement 4 307,4 Md ; intérêts et commissions 1 190,6 Md ; postes budgétaires). RTEB au 31 décembre 2025 (déficit 6,44 %, recettes 4 477,1 Md, arriérés apurés 474 Md). DPBEP 2026-2028 (service de la dette prévisionnel, investissement sur ressources internes).
Notation et croissance (section 8) : Moody's (Caa1, octobre 2025), S&P (CCC+, novembre 2025), Banque mondiale (croissance 2026 à 2,2 %).
Plans et cadres (section 11) : Vision Sénégal 2050, Agenda national de transformation, présenté le 14 octobre 2024 (présidence, DGPPE). Stratégie nationale de développement 2025-2029 (économie.gouv.sn ; cible de dette à 70 % du PIB, croissance 6,5 à 7 %). Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2025-2027 (budget.sec.gouv.sn). Plan de redressement économique et social, lancé le 1er août 2025.
Nouvelles taxes (section 12) : loi n°2025-17 du 27 septembre 2025 modifiant le Code général des impôts (jeux 20 %+20 %, prélèvement 0,5 % sur paiements marchands, TTA 0,5 % plafonnée à 2 000 F, alcools 65 %/40 %, tabac 100 %) ; loi n°18/2025 modifiant la RUTEL (téléphonie). Recettes attendues 762,6 Md et pression fiscale 23,2 % : projet de loi de finances 2026. Exécution au premier trimestre 2026 (54,2 Md perçus sur 94,8 Md attendus, soit 57,2 %) : RTEB au 31 mars 2026. Appel à la prudence du FMI : communiqué du 6 novembre 2025.
Ce qui reste non vérifiable à ce jour (section 9) : réconciliation Forvis Mazars non publiée intégralement, audit des arriérés de l'IGF en attente, dette parapublique non ventilée, emprunts depuis 2025 non détaillés, dernier bulletin statistique détaillé identifié au premier trimestre 2024. Ces manques sont signalés dans la page et feront l'objet de mises à jour.