Observatoire · Électricité & Senelec

Électricité et Senelec : le prix, la subvention, le service

Le consommateur paie un tarif réglementé. L'État compense une partie du coût. Senelec absorbe les retards. l'observatoire suit le prix affiché, le coût réel du système, les subventions et la qualité du service.

Sources officielles datées · CRSE, Senelec, ministère de l'Énergie, IRENA · 2023 → 2026
01

82 FCFA : ce qui a réellement baissé au 1er janvier 2026

Au 1er janvier 2026, le prix du kilowattheure de la première tranche a baissé de 10 %. Mais cette baisse est ciblée : elle ne touche qu'une partie de la facture, et seulement certains clients.

82 F
Prix du kWh, 1re tranche
de 91,17 à 82 FCFA sur la tranche 0-150 kWh (−10 %)
1er janv. 2026
confirmé CRSE, décision n°2025-140 (26 déc. 2025)
2,6 M
Clients concernés
2 603 536 clients domestiques et professionnels de petite puissance
2026
confirmé CRSE / APS
18,3 Md
Manque à gagner pour Senelec
réduction de chiffre d'affaires estimée en 2026 (18,279 Md)
2026
confirmé CRSE, décision n°2025-140
Ce que dit la décision (confirmé) : par sa décision n°2025-140 du 26 décembre 2025, la CRSE a validé la nouvelle grille tarifaire de Senelec. Le kWh de la première tranche (0-150 kWh) des clients domestiques petite puissance passe de 91,17 à 82 FCFA, et celui des petits professionnels de 163,80 à 147,43 FCFA. La baisse s'applique aussi bien au post-paiement qu'au prépaiement Woyofal. Les autres tranches et les autres catégories de clients restent inchangées. confirmé CRSE, décision n°2025-140 ; Senelec, communiqué du 31 déc. 2025.
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Une baisse ciblée sur la tranche basse, pas une baisse générale

La réduction de 10 % ne s'applique qu'à la première tranche de consommation (0 à 150 kWh) des petits clients. Au-delà, les tarifs ne bougent pas. Un ménage qui consomme beaucoup n'est donc que peu concerné.

Ce que la baisse fait

  • allège la facture des plus petits consommateurs (tranche 0-150 kWh)
  • touche 2,6 millions de clients domestiques et petits professionnels
  • s'applique aussi au prépaiement Woyofal, sans discrimination

Ce qu'elle ne fait pas

  • les tranches supérieures (au-delà de 150 kWh) restent au même prix
  • les gros consommateurs ne sont pas concernés par la baisse
  • elle ne réduit pas le coût réel du système, seulement le prix affiché
Une logique de tarification progressive : le tarif est conçu par tranches croissantes, plus on consomme, plus le kWh coûte cher. La baisse porte uniquement sur la tranche la plus basse, dite sociale. C'est cohérent avec l'objectif affiché (soutenir les ménages modestes), mais cela signifie qu'un foyer qui climatise beaucoup en saison chaude verra sa facture rester marquée par les tranches hautes, inchangées. confirmé CRSE, décision n°2025-140.
03

Comment se lit une facture d'électricité

L'électricité est facturée par tranches progressives : plus on consomme, plus le kWh coûte cher. La majorité des ménages paie d'avance, via le compteur prépayé Woyofal. Voici la grille applicable au 1er janvier 2026.

Tranche mensuelle (domestique petite puissance)Prix du kWhStatut
0 à 150 kWh82,00 FCFATranche sociale · −10 %
151 à 250 kWh136,49 FCFAInchangée
au-delà de 250 kWh159,36 FCFALa plus chère
Deux précisions importantes : pour les petits professionnels (PPP), la première tranche est facturée 147,43 FCFA (les 50 premiers kWh). Et en prépaiement Woyofal, la troisième tranche est facturée au tarif de la deuxième (136,49 FCFA) : depuis décembre 2023, la CRSE a supprimé le tarif de troisième tranche pour les clients prépayés, qui ne paient donc jamais le palier le plus élevé. confirmé CRSE, grille au 1er janvier 2026 ; décision de novembre 2023 pour le Woyofal.

Ce que tout abonné paie, en plus du kWh

429 F
Redevance tableau
FCFA/mois, à la 1re recharge · couvre compteur et raccordement, due même sans consommation
confirmé grille harmonisée CRSE
2,5 %
Taxe communale (TCO)
prélevée sur les trois tranches, à chaque achat, reversée aux collectivités locales
confirmé tarification officielle Senelec
18 %
TVA
usages domestiques exonérés sur les tranches 1 et 2 ; la TVA ne porte que sur la part consommée au-delà de 250 kWh
confirmé tarification officielle Senelec (base TVA = 3e tranche)
0,7 F
Redevance rurale (RER)
FCFA/kWh intégrée au tarif, finance l'accès en zone rurale
confirmé loi 2006-18 · voir observatoire ASER
Ce que ça change concrètement : au-delà du prix du kWh, la facture réelle inclut la redevance tableau fixe (429 F/mois), la taxe communale (2,5 %) et, pour les gros consommateurs, la TVA à 18 % qui s'ajoute à partir de la troisième tranche. Un même kWh ne coûte donc pas le même prix selon la tranche où l'on se situe et selon que l'on est prépayé ou post-payé.
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Simulateur : ce que la baisse change sur la composante énergie

Déplacez le curseur sur votre consommation mensuelle pour voir la composante énergie de la facture avant et après le 1er janvier 2026, et le gain apporté par la baisse. Le calcul montre un phénomène clé : au-delà de 150 kWh, le gain n'augmente plus.

150 kWh / mois
0150300450600
Grille 2023
·
Grille 2026
·
Écart
·
Composante énergie seule, hors redevance tableau, taxes et TVA. Grilles officielles CRSE.
Ce que le simulateur révèle : pour un ménage (DPP), le gain de 2026 augmente tant qu'on reste dans la première tranche, puis plafonne à 1 375,50 FCFA dès 150 kWh, car seule la tranche sociale a baissé. Pour les autres catégories, la baisse de 2026 est nulle ou limitée à la première tranche. Un gros consommateur bénéficie donc du même gain absolu qu'un ménage à 150 kWh.
Précision : ce simulateur calcule la composante énergie selon la grille tarifaire, hors redevance tableau (429 F/mois), taxe communale (2,5 %) et TVA (18 % sur la part au-delà de 250 kWh). La facture réelle est donc plus élevée que le montant affiché.
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Neuf ans de tarifs : la tranche sociale protégée, les tranches hautes en forte hausse

En comparant les grilles officielles de la CRSE depuis 2017, un mouvement de fond apparaît, que la seule baisse de 2026 masque. Voici l'évolution du prix du kWh pour un ménage petite puissance (DPP), tranche par tranche.

Ménage DPP · prix du kWh20172019202320262017 → 2026
1re tranche (0-150 kWh) · sociale90,4791,1791,1782,00−9,4 %
2e tranche (151-250 kWh)101,64112,50136,49136,49+34,3 %
3e tranche (au-delà de 250 kWh)112,65124,62159,36159,36+41,5 %
Le mouvement de fond : depuis 2017, la première tranche d'un ménage a baissé de 9,4 %, mais la deuxième a augmenté de 34,3 % et la troisième de 41,5 %. La hausse décisive a eu lieu en janvier 2023 (décision CRSE 2022-54), sur les tranches 2 et 3, la première étant à chaque fois épargnée. La baisse entrée en vigueur en janvier 2026 ne concerne, elle aussi, que la première tranche. Un ménage à faible consommation est donc systématiquement protégé, tandis qu'un foyer qui consomme beaucoup (climatisation) paie aujourd'hui plus de 40 % plus cher qu'en 2017 sur ses derniers kWh. confirmé grilles officielles CRSE (décisions 2017-06, 2019-48, 2022-54, 2025-140).
Le détour de 2023 sur le Woyofal : il est faux de présenter la règle actuelle (3e tranche prépayée facturée au tarif de la 2e) comme une nouveauté. Jusqu'en 2022, la 3e tranche Woyofal était déjà valorisée au prix de la 2e. Une 3e tranche prépayée plus chère a été introduite en janvier 2023, puis supprimée onze mois plus tard (décision CRSE 2023-58, effet au 1er décembre 2023), touchant près de 200 000 clients pour un impact estimé à 3,64 Md FCFA sur les ventes 2024. La chronologie réelle est donc : tarif T2 en 2017-2022, vraie T3 plus chère en 2023, retour au tarif T2 fin 2023. confirmé décision CRSE 2023-58.
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Le prix payé ne couvre pas le coût du système

Chaque année, le régulateur fixe un « revenu maximum autorisé » (RMA) : le montant dont Senelec a besoin pour couvrir ses coûts et sa rémunération. Le tarif payé par les clients ne suffit pas à l'atteindre. La différence, c'est l'écart de revenu, comblé par l'État.

En milliards FCFA20202021202220232024
Revenu maximum autorisé (besoin)501,6622,9833,7909,6923,8
Chiffre d'affaires (ventes réelles)438,9467,6535,2660,4709,1
Écart de revenu (à combler)62,7155,3298,5249,3214,7
Ce que révèle l'écart : en 2024, le besoin de Senelec (RMA) était de 923,8 Md, mais les ventes n'ont rapporté que 709,1 Md. L'écart de 214,7 Md représente la part du coût qui n'est pas couverte par la facture des clients. Le régulateur note que cet écart, après avoir culminé à 298,5 Md en 2022, diminue depuis, effet des hausses tarifaires de 2023 sur les tranches hautes et de la baisse du coût des combustibles. Autrement dit, quand la facture n'augmente pas assez, l'écart se reporte sur les finances publiques, pas ailleurs. confirmé rapport annuel CRSE 2024, tableau 3 (évolution de l'écart de revenu 2020-2024).
Le lien avec la subvention : cet écart de revenu est précisément ce que l'État prend en charge, en tout ou partie, sous forme de compensation tarifaire. En 2024, la CRSE indique que l'État a décidé des compensations pour un montant total de 222,6 Md lors des indexations trimestrielles. C'est le pont entre le tarif payé par le ménage et le coût réel du système : ce que le consommateur ne paie pas sur sa facture, le contribuable le paie via le budget. confirmé rapport annuel CRSE 2024 (compensations 2024 : 222,629 Md).
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La santé financière de Senelec : un bénéfice, mais des créances et des dettes qui gonflent

Senelec affiche un bénéfice net en 2024. Mais derrière ce résultat, deux tensions montent : ce que ses clients lui doivent, et ce qu'elle doit à ses fournisseurs. Chiffres tirés du rapport annuel Senelec 2024.

34,8 Md
Bénéfice net 2024
contre 33,56 Md en 2023 (+3,56 %)
2024
confirmé rapport annuel Senelec 2024
1 015 Md
Chiffre d'affaires HT
dont 214,7 Md d'écart sur RMA (compensation de l'État)
2024
confirmé rapport annuel Senelec 2024
324,2 Md
Créances nettes clients
au bilan, contre 236,58 Md en 2023 (+87,6 Md)
fin 2024
confirmé rapport annuel Senelec 2024 (bilan)
427,7 Md
Dette fournisseurs d'exploitation
principal moteur de la hausse du passif circulant (+24,6 %)
fin 2024
confirmé rapport annuel Senelec 2024 (bilan)
Qui doit de l'argent à Senelec : le solde des créances à recouvrer atteint 283,64 Md fin 2024, en hausse de 82,1 Md sur un an. La part de l'administration explose (+81,85 %, à 153,5 Md), devant les particuliers (120,4 Md) et les ambassades (9,7 Md). Le rapport attribue cette montée aux difficultés de recouvrement sur des créances dites sensibles : forages, foyers religieux, hôpitaux et postes de santé. Autrement dit, une partie de l'électricité livrée par Senelec n'est pas payée, notamment par des structures publiques ou d'intérêt collectif. confirmé rapport annuel Senelec 2024 (situation des créances à fin décembre 2024).
Deux mesures des créances, à ne pas confondre : le rapport présente 283,64 Md comme le solde des créances à recouvrer (particuliers, administration, ambassades) et 324,20 Md comme les créances nettes clients inscrites au bilan. Ce sont deux postes comptables distincts : le premier suit le recouvrement, le second est la valeur bilancielle. Les deux progressent fortement en 2024, signe d'une même tension de trésorerie.
Ce que le bénéfice ne dit pas : Senelec est bénéficiaire, mais son équilibre repose sur deux béquilles. D'un côté, la compensation de l'État (214,7 Md) est comptée dans son chiffre d'affaires, sans elle, le résultat serait tout autre. De l'autre, elle finance son activité en accumulant des dettes fournisseurs (427,7 Md) et en portant des créances impayées croissantes. Le bénéfice affiché coexiste donc avec une trésorerie sous tension. confirmé rapport annuel Senelec 2024 (compte de résultat et bilan).
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La fiabilité du réseau : des normes tenues sur la quantité, pas sur les délais

Le prix n'est qu'une face du service. L'autre, c'est la continuité de la fourniture. Le régulateur mesure chaque année trois indicateurs de qualité. En 2024, deux normes sont respectées, mais celle qui compte le plus pour l'usager, le délai de rétablissement, ne l'est pas.

15,79 GWh
Énergie non fournie
0,29 % des ventes · norme de 0,5 % respectée (mais 11,64 GWh en 2023)
2024
confirmé rapport annuel CRSE 2024
9,12
Coupures par client / an (SAIFI)
norme de 15 respectée · en hausse depuis 8,4 en 2023
2024
confirmé rapport annuel CRSE 2024
6h40
Délai de rétablissement (SAIDI)
norme de 1h30 NON respectée · amélioration depuis 7h19 en 2023
2024
confirmé rapport annuel CRSE 2024
Ce que disent ces chiffres : Senelec fournit l'électricité attendue en quantité (l'énergie non fournie reste bien sous la norme) et le nombre de coupures reste dans les limites. Mais quand une coupure survient, le rétablissement prend en moyenne 6h40, plus de quatre fois le délai maximal de 1h30 fixé par le régulateur. C'est la norme la moins bien tenue, et c'est celle que l'usager ressent le plus directement. confirmé rapport annuel CRSE 2024 (tableaux 7, 8, 9).
Le blackout du 12 septembre 2024 : un incident majeur au poste 90 kV de Hann a entraîné une coupure générale d'électricité dans tout le pays et la perte de l'interconnexion régionale (OMVS). Le régulateur a établi que la cause était une erreur de manipulation pendant des travaux d'extension du poste, provoquant l'écroulement du système électrique. Le rétablissement a pris plus longtemps que prévu. La CRSE a demandé un plan de mesures (protection différentielle, mise à jour du plan de défense, batteries de stockage), dont elle assure le suivi. confirmé rapport annuel CRSE 2024.
Le retour des délestages en juin 2026 : plus récemment, les coupures ont refait surface. Senelec a invoqué des contraintes de production et un pic de demande lié à la chaleur, avec un retour à la normale annoncé le 18 juin 2026. Les lectures de cet épisode se distinguent par leur niveau de preuve : c'est l'objet du bloc suivant. confirmé communiqués Senelec (3 et 18 juin 2026, APS).
09

Les délestages de juin 2026 : la lecture technique et l'alerte citoyenne

En juin 2026, les coupures ont refait surface. Deux lectures coexistent, à distinguer par leur niveau de preuve : l'explication technique de l'opérateur, et l'alerte d'une organisation citoyenne sur les risques sociaux.

Ce que dit Senelec

  • contraintes exceptionnelles d'exploitation liées à l'indisponibilité de certains moyens de production (communiqué du 3 juin 2026)
  • travaux de maintenance sur la centrale Karpowership, qui fournit jusqu'à 25 % des besoins du pays
  • forte demande liée à la hausse des températures (climatisation)
  • retour à la normale annoncé le 18 juin 2026, après un incident sur le réseau interconnecté

Ce que dit le Forum du Justiciable

  • lettre au président de la République en juin 2026
  • reprend le constat technique de Senelec, mais alerte sur le risque social : les délestages ne sont pas de simples incidents techniques
  • rappelle les délestages de 2011, qui avaient déclenché des manifestations
  • appelle à des solutions durables d'approvisionnement (Senelec et SAR)
Deux niveaux de preuve différents : l'explication de Senelec est une déclaration d'opérateur, datée et vérifiable (communiqués des 3 et 18 juin 2026, repris par l'agence de presse officielle APS). L'intervention du Forum du Justiciable est une alerte citoyenne adressée aux autorités, qui ne conteste pas la version technique mais insiste sur ses conséquences sociales. Les deux ne sont pas contradictoires : elles éclairent la même situation sous deux angles, technique et politique. confirmé communiqués Senelec (3 et 18 juin 2026, APS) ; lettre du Forum du Justiciable (juin 2026).
La mémoire de 2011 : si cet épisode a été suivi de près, c'est que les grands délestages de 2011 avaient déclenché des manifestations. Une panne prolongée peut donc avoir des répercussions sociales, pas seulement techniques. C'est précisément le point d'alerte de l'organisation citoyenne. à recouper rappel historique de 2011, largement documenté.
10

Gas-to-power : le pari du gaz local pour produire moins cher

Pour baisser le coût de production sans creuser les comptes, le Sénégal mise sur son gaz. En 2025, Senelec a commencé à convertir ses centrales du fuel lourd vers le gaz naturel issu du champ GTA. Une transition réelle, mais dont les bénéfices restent à vérifier dans les faits.

28 avr. 2025
Première cargaison de gaz
réception ; démarrage progressif des unités au gaz dès le 30 avril
confirmé Senelec (dir. exploitation) ; Agence Ecofin
335 MW
Centrale de Bel Air convertie
basculement du fuel lourd vers le gaz, 13-19 mai 2025, par Wärtsilä
confirmé Senelec ; Agence Ecofin ; APAnews
GTA
Source du gaz
champ offshore Grand Tortue Ahmeyim, partagé avec la Mauritanie
confirmé Senelec ; sources sectorielles
Le pari : le gaz naturel émet moins de CO2 que le fuel lourd et permet, en principe, une production plus efficace et moins chère. L'objectif affiché par Senelec est d'améliorer le profil environnemental des centrales et de réduire les coûts d'exploitation, donc à terme la facture de production. C'est cohérent avec la baisse de l'écart de revenu observée depuis 2022 (bloc 06). confirmé Senelec (DG et dir. exploitation), mai 2025.
Ce qui reste à vérifier : deux réserves tempèrent l'enthousiasme. D'abord, la transition elle-même a provoqué des coupures ciblées en soirée pendant l'opération de mai 2025. Ensuite, et surtout, le bénéfice réel dépend du prix auquel le gaz est valorisé pour Senelec : des réserves contractuelles ont été exprimées sur les conditions d'achat (société Akilée). Un gaz local ne produit une électricité moins chère que s'il est facturé à un prix avantageux. Le gain final n'est donc pas acquis, il dépend des contrats. à recouper conditions contractuelles d'achat du gaz, à documenter.
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La facture à trois payeurs : où va vraiment le coût de l'électricité

C'est la synthèse de tout ce qui précède. Un kilowattheure consommé n'est pas payé par une seule poche. Le coût réel se répartit entre trois payeurs, et une baisse de tarif ne fait pas disparaître ce coût : elle déplace la charge d'une poche vers une autre.

1
Le client paie le tarif réglementé
82 à 159 FCFA/kWh selon la tranche, plus redevance et taxes. C'est la partie visible, celle qui a baissé de 10 % sur la tranche sociale en 2026.
709 Md
ventes 2024
2
L'État compense la différence
Le tarif ne couvre pas le besoin de Senelec (RMA). L'État verse une compensation tarifaire, qui est la forme que prend la subvention à l'électricité. C'est de l'argent public, donc du contribuable.
223 Md
compensations 2024
3
Senelec absorbe le reste
Ce qui n'est couvert ni par le tarif ni par la compensation, Senelec le porte : dettes envers ses fournisseurs, créances impayées de ses clients (dont l'administration), recours à la titrisation.
428 Md
dettes fournisseurs
Trois montants à ne pas confondre : la subvention énergie globale (750 Md en 2022, tous produits : électricité, gaz butane, carburants) est la vue la plus large ; la part électricité seule était de 266 Md en 2022 ; la compensation tarifaire à Senelec est la forme précise que prend cette subvention électricité ; et le manque à gagner de la baisse 2026 (18,3 Md) est un montant encore différent, propre à la nouvelle grille. Les mélanger fausse le débat. confirmé feuille de route ministère des Finances (750 Md dont 266 Md électricité en 2022) ; rapport CRSE 2024 (compensations 222,6 Md) ; décision CRSE 2025-140 (18,3 Md).
Ce que « la facture a baissé » ne dit pas : quand le tarif de la tranche sociale baisse, le coût réel du système, lui, ne disparaît pas. Il se reporte : soit sur l'État (plus de compensation, donc moins de marges pour la santé ou l'éducation), soit sur Senelec (plus de dettes, trésorerie sous tension), soit il faut que les coûts de production baissent réellement (le pari du gaz). La baisse visible sur la facture d'un ménage et le coût du système sont deux choses différentes : l'une peut baisser pendant que l'autre reste ouvert.
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Ville et campagne : les deux bouts du même fil

Le secteur électrique présente deux problèmes opposés. En ville, le courant existe mais reste cher et parfois instable. En zone rurale, des milliers de foyers n'ont toujours pas de raccordement. Le même compteur finance deux débats distincts.

En ville · cette page

  • le courant existe, mais la facture grimpe vite avec les tranches hautes
  • la baisse de 2026 ne touche que la tranche sociale
  • les délestages reviennent, le délai de rétablissement dépasse la norme
  • le coût réel est comblé par la compensation de l'État

En zone rurale · observatoire ASER

  • des milliers de localités encore sans accès à l'électricité
  • l'objectif d'accès universel repoussé de 2025 à 2029
  • des chantiers d'électrification à l'arrêt
  • une redevance rurale (RER) prélevée sur chaque facture, dont l'emploi reste à tracer
Le même compteur, deux débatsEn ville (Senelec)En zone rurale (ASER)
Problème principalprix et fiabilitéaccès au raccordement
Argent prélevé sur la facturetarif + taxesredevance rurale (0,7 F/kWh)
Argent public engagécompensation tarifaire (≈223 Md en 2024)redevance RER (2,64 Md perçus 2018-2021)
Trou de données à documentercoût réel par catégorie de clientemploi effectif de la redevance rurale
Le lien entre les deux observatoires : chaque facture d'électricité en ville contient une redevance rurale de 0,7 FCFA/kWh, destinée à financer l'accès en zone rurale. C'est le fil qui relie les deux Sénégal : le citadin qui paie sa facture contribue, sans toujours le savoir, à l'électrification des villages. L'observatoire ASER suit précisément ce que devient cette redevance. confirmé redevance rurale 0,7 F/kWh (grille CRSE) ; voir l'observatoire sur l'électrification rurale.
·

Sources et méthode

Cet observatoire s'appuie sur des sources primaires datées : décisions et rapports du régulateur (CRSE), rapport annuel de Senelec, documents budgétaires de l'État. La presse n'est utilisée que comme point de départ vers ces documents, jamais comme source finale.

Grilles tarifaires (blocs 1, 3, 4, 5) : décisions CRSE n°2017-06, n°2019-48, n°2022-54, n°2023-58 (suppression 3e tranche Woyofal) et n°2025-140 (baisse 2026, du 26 déc. 2025). Grille officielle applicable au 1er janvier 2026 publiée par la CRSE. Les quatre catégories (DPP, DMP, PPP, PMP) et leurs seuils sont issus de ces décisions.
Écart de revenu et compensation (blocs 6, 11) : rapport annuel CRSE 2024, tableau 3 (évolution de l'écart de revenu Senelec 2020-2024 : RMA, chiffre d'affaires, écart) et section RMA 2024 (compensations 222,629 Md). Document de consultation CRSE 2023-2027 pour les données 2020-2022.
Santé financière de Senelec (bloc 7) : rapport annuel Senelec 2024 (compte de résultat, bilan, situation des créances). Distinction entre solde des créances à recouvrer (283,64 Md) et créances nettes clients au bilan (324,20 Md).
Fiabilité du réseau (bloc 8) : rapport annuel CRSE 2024, tableaux 7, 8, 9 (énergie non fournie, SAIFI, SAIDI) et incident du poste de Hann du 12 septembre 2024.
Délestages et gaz (blocs 9, 10) : communiqués Senelec des 3 et 18 juin 2026 (repris par l'APS) ; lettre du Forum du Justiciable (juin 2026) ; déclarations Senelec sur la conversion de Bel Air (avril-mai 2025), recoupées par l'Agence Ecofin et l'APAnews.
Subventions (bloc 11) : feuille de route du ministère des Finances pour la suppression des subventions à l'énergie (750 Md en 2022 dont 266 Md pour l'électricité). Ce document établit que la subvention à l'électricité prend la forme d'une compensation tarifaire à Senelec.
Ce qui reste à recouper : les conditions contractuelles d'achat du gaz (qui déterminent le gain réel du gas-to-power), l'emploi effectif de la redevance rurale (voir l'observatoire ASER), et la ventilation détaillée des créances impayées par catégorie de débiteur. Ces points sont signalés « à recouper » dans la page et feront l'objet de vérifications ultérieures.