Observatoire · Emploi

L'emploi au Sénégal : le chiffre officiel et la réalité vécue

Le chômage officiel paraît bas. Mais il ne dit rien du sous-emploi, des travailleurs découragés, ni du fait que la quasi-totalité des emplois sont informels, sans contrat ni protection. Cet observatoire suit l'écart entre le chômage mesuré et l'emploi réellement vécu par les Sénégalais.

Sources officielles datées · ANSD (ENES), BIT/OIT, RGE, ministères · 2023 → 2026
01

Les quatre chiffres à connaître

Le chômage au sens strict paraît bas. Mais il ne reflète ni le sous-emploi, ni les travailleurs découragés, ni la faible part de l'emploi protégé. Ces quatre chiffres donnent une image plus juste.

23,3 %
Chômage élargi · T4 2025
contre 5,4 % au sens strict du BIT
confirmé ANSD, ENES T4 2025
33,5 %
NEET · 15-24 ans
ni emploi, ni études, ni formation · 43,2 % chez les jeunes femmes
confirmé ANSD, ENES T4 2025
9 sur 10
Travailleurs en emploi informel
sans contrat ni protection sociale
confirmé OIT
64 223 FCFA
SMIG mensuel
370,5 FCFA/heure, depuis 2023
confirmé décret n°2023-1710
Comment lire le taux de chômage : au sens strict du BIT, une personne est « occupée » dès qu'elle a travaillé une seule heure dans la semaine. N'est « chômeuse » que celle qui est sans emploi, disponible sous deux semaines, et qui a cherché activement un emploi le mois précédent. D'où un taux officiel très bas (5,4 %).

Compté comme « occupé »

  • une heure de travail dans la semaine
  • aide familial, petit boulot ponctuel
  • activité informelle, même précaire

Non compté comme « chômeur »

  • les découragés qui ont cessé de chercher
  • le sous-emploi (temps partiel subi)
  • ceux sans contrat ni protection
Le chômage élargi (23,3 %, T4 2025), qui réintègre les découragés et le sous-emploi, et la part de l'emploi informel donnent une image plus proche du quotidien des Sénégalais.
02

Chômage officiel contre chômage vécu

Au sens strict du BIT, il suffit d'avoir travaillé une heure dans la semaine pour ne pas être « chômeur ». Le taux élargi, qui inclut les découragés et le sous-emploi, donne une image plus complète du marché.

Chômage « officiel »
5,4 %
au sens strict du BIT
Chômage élargi
23,3 %
la réalité du marché, découragés inclus
Qui est le plus touché (chômage élargi, T4 2025)Taux
Milieu rural29,2 %
Jeunes (15-34 ans)27,4 %
Milieu urbain19,6 %
Adultes18,7 %
Les femmes davantage touchées : quels que soient l'âge et le lieu de résidence, les femmes connaissent un chômage plus élevé que les hommes. confirmé ANSD, ENES T4 2025.
03

La jeunesse : le vrai thermomètre

L'indicateur NEET (jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation) est le plus révélateur de l'état réel du marché. Chez les jeunes Sénégalais, il est alarmant, surtout en milieu rural et chez les femmes.

33,5 %
NEET · 15-24 ans
ni emploi, ni études, ni formation
confirmé ANSD, ENES T4 2025
44,3 %
NEET en milieu rural
près d'un jeune rural sur deux
confirmé ANSD, ENES T4 2025
43,2 %
NEET chez les jeunes femmes
la double peine : jeune et femme
confirmé ANSD, ENES T4 2025
Le taux d'emploi des jeunes n'est que d'environ 31 %, contre près de 58 % pour les adultes. L'écart mesure la difficulté d'entrée dans la vie active. confirmé ANSD, ENES T4 2025.
04

Avoir un emploi, ou avoir un emploi protégé ?

Au Sénégal, l'emploi informel est massivement majoritaire. La protection sociale (retraite, sécurité sociale) ne concerne donc qu'une infime minorité de travailleurs. C'est la différence entre travailler et être protégé.

54,5 %
Indépendants
travail à son compte, souvent sans contrat
confirmé ANSD, ENES T4 2025
40,6 %
Salariés
part minoritaire de l'emploi total
confirmé ANSD, ENES T4 2025
60 %
Emploi dans le tertiaire
commerce et services dominent
confirmé ANSD, ENES T4 2025
Deux mesures de l'informalité, à ne pas confondre : selon l'OIT, 9 travailleurs sur 10 occupent un emploi informel. Selon le RGE 2016, 97 % des unités économiques non agricoles sont informelles. Ce sont deux indicateurs différents (l'un porte sur les personnes, l'autre sur les unités économiques), mais ils vont dans le même sens : l'informel est la norme, pas l'exception. confirmé OIT ; RGE 2016.
2,6 %
Unités inscrites à l'IPRES
la retraite reste hors de portée de la quasi-totalité
confirmé RGE 2016
2,4 %
Unités inscrites à la CSS
la sécurité sociale ne couvre presque personne
confirmé RGE 2016
La couverture IPRES (retraite) et CSS (sécurité sociale) reste hors de portée pour la quasi-totalité des travailleurs informels. Avoir un emploi ne signifie donc presque jamais avoir une protection.
05

Salaires : ce que les chiffres ne disent pas

Les repères salariaux officiels existent (SMIG, SMAG, prime de transport), mais l'information la plus utile aux familles, le salaire réellement perçu par diplôme et par secteur, n'est pas publiée de façon fiable. C'est un angle mort majeur.

64 223 FCFA
SMIG mensuel
370,5 FCFA/heure, depuis 2023
confirmé décret n°2023-1710
236,9 FCFA/h
SMAG agricole
salaire minimum agricole horaire
confirmé décret n°2023-1710
26 000 FCFA
Prime de transport mensuelle
revalorisation de juin 2023
confirmé décision de revalorisation, juin 2023
~90 000 FCFA
Salaire moyen mensuel
dernière donnée disponible, 2019
à sourcer précisément à revalider ou retirer
L'angle mort : le salaire médian par diplôme, par secteur et par région n'est pas publié de façon fiable et accessible. C'est pourtant l'information utile aux familles : quel revenu attendre de chaque formation. Selon la Banque mondiale, au Sénégal, un diplôme supérieur protège mal du chômage à court terme. Le vrai indicateur utile serait le salaire médian en début de carrière, par filière. confirmé Banque mondiale (inadéquation formation-emploi).
06

Les milliards de l'emploi : où vont-ils ?

Depuis les années 1980, des dizaines de programmes publics pour l'emploi et l'entrepreneuriat se sont succédé. Mais leur coût et surtout le nombre d'emplois durables réellement créés sont rarement publiés de façon consolidée. Voici l'état de la transparence, programme par programme.

100 000 / an
Emplois directs visés par la DER
plus 200 000 indirects · objectif affiché
confirmé DER/FJ, Plan Sénégal Émergent
Non publié
Bilan d'emplois durables réellement créés
l'objectif est affiché, le résultat ne l'est pas
à documenter bilan consolidé non publié
ProgrammeObjetRepères d'activité (datés)Emplois durablesTransparence
DER/FJentrepreneuriat · 2017106 000 bénéficiaires directs (bilan 3 ans, 2020) ; 552 communes ; 75 % de femmes en 2020. Cumul porté à 301 956 initiatives et 203,42 Md FCFA en 2026 (81 % de femmes). Nano-crédit.non publiéà auditer
3FPTformation · 2014109 938 personnes formées en 2023 (67 % de femmes) pour 15,334 Md FCFA. Le total injecté tous guichets atteint 18,763 Md (engagement 87,78 % du budget) : les deux agrégats ne se confondent pas. Cumul 2016-2023 : 394 992 formés, 90,172 Md FCFA. Ne satisfait qu'environ 12 % de la demande.insertion partiellepartiel
ANPEJemploi des jeunes · 2014programme XËYU NDAW ÑI ; Pôles Emploi & Entrepreneuriat des Jeunes et des Femmes (PEEJF).non publiédonnées manquantes
FONGIPgarantiesgaranties de crédit aux PME.non publiédonnées manquantes
ADEPMEappui aux PMEaccompagnement et mise à niveau des PME.non publiédonnées manquantes
L'indicateur qui manque : le coût par emploi durable (un CDI de plus de deux ans) n'est pratiquement jamais publié. Sans lui, impossible de savoir si l'argent public crée des emplois pérennes ou seulement des stages de quelques mois. C'est la donnée la plus importante, et c'est justement celle qui manque. à documenter données consolidées non publiées.
Ces repères sont des volumes d'activité, pas des mesures d'emplois durables créés. La DER compte des bénéficiaires et des initiatives financées (106 000 en 2020, 301 956 en cumul 2026) ; le 3FPT compte des personnes formées (109 938 en 2023). Former ou financer n'est pas encore employer durablement : un microprojet financé ou une formation suivie ne dit rien du nombre d'emplois stables qui en résultent. confirmé DER/FJ (Ecofin 2021 ; Senenews 2026) ; 3FPT, bilan annuel 2023 (109 938 formés, 15,334 Md).
Le remboursement, angle mort du dispositif : les financements de la DER sont présentés comme des prêts remboursables, souvent sans intérêt. Mais aucun taux de remboursement consolidé n'est publié. On ne sait pas, publiquement, quelle part des sommes prêtées revient effectivement dans les caisses pour financer de nouveaux porteurs. Un dispositif de crédit dont on ne connaît pas le taux de remboursement ne peut pas être évalué. à documenter taux de remboursement non publié.
Une enquête judiciaire en cours : en 2025-2026, la Division des investigations criminelles (DIC) a ouvert une enquête sur un financement DER de 50 millions FCFA, dont les enquêteurs cherchent à reconstituer la destination réelle, avec l'hypothèse d'un détournement de finalité vers des activités autres qu'entrepreneuriales. cette procédure est rapportée comme un fait, sans préjuger de son issue : la qualification éventuelle relève de la justice. Elle illustre néanmoins pourquoi la traçabilité de l'argent public de l'emploi est un enjeu réel. confirmé enquête DIC rapportée par la presse, 2025-2026.
07

Le droit existe. Qui mesure son application ?

Le Code du travail fixe des règles : limites aux contrats précaires, procédures de licenciement, conciliation des conflits. Chaque année, la Direction générale du Travail et de la Sécurité sociale (DGTSS) publie un rapport statistique sur l'activité des inspections. Ce rapport montre ce que l'administration fait, mais aussi, en creux, ce qu'elle ne mesure pas encore. Les données ci-dessous viennent toutes du Rapport annuel des statistiques du travail 2024.

7a

Conflits individuels : ce que devient le salarié après l'inspection

En 2024, 3 960 travailleurs ont saisi les inspections pour un conflit individuel. La conciliation fonctionne pour une majorité. Mais dès qu'un dossier part au tribunal, le suivi statistique s'arrête.

3 960travailleurs saisissent l'inspection
2 139conciliation totale · 54,02 %
110conciliation partielle · 2,78 %
1 711non-conciliation · 42,21 %
719dossiers transmis au tribunal
?suivi après le tribunal : non publié
802,7 M
FCFA versés aux travailleurs (conciliations)
montant des transactions financières issues des conflits réglés
confirmé DGTSS, RAST 2024, résumé exécutif
9,48 Md
FCFA versés en ruptures à l'amiable
2 914 travailleurs · moyenne 3 254 259 FCFA/travailleur
confirmé DGTSS, RAST 2024
Pourquoi 719 dossiers partent au tribunal (motifs de non-conciliation)Dossiers
Absence de l'employeur après plusieurs convocations175
Désaccord sur les sommes à payer136
Contestation de la situation juridique du travailleur92
Contestation des réclamations par l'employeur91
Refus de l'employeur de lever une sanction77
Le premier motif d'échec est l'absence de l'employeur. 175 dossiers, soit près d'un quart de ceux transmis au tribunal, partent parce que l'employeur ne se présente pas malgré les convocations. L'inspection constate, convoque, puis transmet : c'est la limite de son pouvoir de conciliation. confirmé DGTSS, RAST 2024, tableau 36.
L'angle mort commence au tribunal. Une fois le dossier transmis, le rapport annuel cesse de suivre le salarié. Il ne publie pas le délai avant jugement, le taux de décisions favorables au travailleur, le montant réellement récupéré après jugement, le taux d'exécution des décisions, ni la situation du salarié six ou douze mois plus tard. Le parcours judiciaire du travailleur licencié n'est pas documenté publiquement. à documenter suites judiciaires non publiées.
7b

Contrôles : l'activité est publiée, la sanction et la récidive ne le sont pas

En 2024, 100 agents (33 inspecteurs et 67 contrôleurs) ont réalisé 5 174 contrôles et décelé 11 810 manquements. Mais entre le manquement constaté et la sanction, l'entonnoir se resserre brutalement.

5 174contrôles d'établissements · par 100 agents
11 810manquements décelés
2 397convocations
633lettres d'observation
122mises en demeure
9procès-verbaux d'infraction
3fermetures de chantier
21,61 %
des absences de déclaration d'établissement régularisées
après contrôle
confirmé DGTSS, RAST 2024
21,28 %
des absences de registre de paiement / bulletins régularisées
après contrôle
confirmé DGTSS, RAST 2024
23,43 %
des absences de déclaration de mouvement du travailleur régularisées
après contrôle
confirmé DGTSS, RAST 2024
Ce que le rapport publie. Le nombre de contrôles, de manquements et de mesures prises est documenté avec précision, région par région et branche par branche. Sur 11 810 manquements décelés, les mesures les plus fortes sont 122 mises en demeure, 9 procès-verbaux et 3 fermetures. Une visite peut légitimement aboutir à une observation ou une régularisation sans procès-verbal : le faible nombre de PV ne prouve pas, à lui seul, un laxisme. confirmé DGTSS, RAST 2024, tableau 20.
Ce que le rapport ne publie pas. Il ne détaille pas, infraction par infraction, le nombre d'employeurs effectivement sanctionnés, ni le taux de récidive d'une année sur l'autre. Sans ces deux données, l'effet dissuasif réel du contrôle ne peut pas être mesuré publiquement : on connaît l'activité, pas son résultat sur le comportement des employeurs. à documenter sanctions par infraction et récidive non publiées.
7c

CDD : la précarité est comptée, l'abus ne l'est pas

Le Code du travail limite les CDD successifs avec le même employeur et interdit d'utiliser un CDD pour occuper durablement un poste permanent. Les statistiques comptent les contrats, mais pas les abus.

61,98 %
des contrats enregistrés en 2024 sont des CDD
48 267 CDD sur 77 870 contrats enregistrés
confirmé DGTSS, RAST 2024, tableau 11
23,42 %
de CDI seulement
18 241 CDI enregistrés en 2024
confirmé DGTSS, RAST 2024, tableau 11
+17 268
CDD en un an
tandis que les CDI reculent de 918 (2023 → 2024)
confirmé DGTSS, RAST 2024, tableau 11
Où se concentrent les CDD (2024, par branche)CDD
Commerce14 810
Construction11 531
Hébergement et restauration3 712
Services administratifs et d'appui2 464
La règle légale est invérifiable avec les données publiées. Le Code interdit plus de deux CDD successifs avec le même employeur et un seul renouvellement. Or le rapport compte les contrats, pas les personnes : il ne publie pas combien de salariés en sont à leur deuxième, troisième ou dixième CDD dans la même entreprise. Comment contrôler publiquement la limite légale des contrats successifs si cette donnée n'est pas publiée ? confirmé (règle) Code du travail ; à documenter (application) successions par salarié non publiées.
L'inspection reçoit pourtant ces contrats. Le Code impose le dépôt auprès de l'inspection des CDD de plus de trois mois. Une partie importante des contrats précaires passe donc par le système administratif. La question n'est pas « l'inspection sait-elle ? » mais « le système d'enregistrement permet-il de relier les contrats d'un même salarié ? ». Le rapport ne dit pas s'il existe un identifiant salarié permettant de détecter automatiquement les successions. C'est une question à poser. à documenter identifiant salarié dans le système d'enregistrement.
Le tableau de bord de la précarité qui manquePublié ?
Nombre de CDD par sexe, région et brancheoui
Nombre de CDD requalifiés en CDInon
Successions illégales de CDD détectéesnon
CDD occupant un poste permanentnon
Employeurs sanctionnés pour usage abusifnon
Durée moyenne en CDD avant un CDInon
7d

Licenciements : 501 déclarés ne mesurent pas les pertes d'emploi du pays

En 2024, 501 licenciements ont été notifiés aux inspections. C'est un chiffre de déclarations, pas un recensement national des pertes d'emploi. Et plus d'un tiers sont classés dans une catégorie fourre-tout.

Motif des 501 licenciements déclarés (2024)NombrePart
« Autres motifs »18637,1 %
Non disciplinaires16031,9 %
Disciplinaires14528,9 %
Non renseignés102,0 %
Plus d'un licenciement déclaré sur trois est classé « autres motifs ». Cette nomenclature ne permet pas de savoir combien relèvent d'une suppression de poste, d'une insuffisance professionnelle, d'une restructuration ou d'une rupture contestée. À Thiès, 112 des 182 licenciements recensés (61,5 %) sont dans cette catégorie ; à Matam, les 25 licenciements le sont tous. Aucun sous-entendu : c'est une donnée publique insuffisamment détaillée. confirmé DGTSS, RAST 2024, tableaux 43-44.
501 déclarés face à une réalité plus large. Le rapport précise « licenciements déclarés aux inspections » : ce n'est pas un recensement exhaustif. Fin 2024-2025, un collectif de travailleurs revendiquait environ 3 000 évictions dans le seul secteur public et parapublic depuis l'arrivée du nouveau pouvoir. Ce chiffre est celui d'un collectif, non vérifié par une base administrative publique. La presse a documenté des cas (ruptures, non-renouvellements), mais le nombre global reste invérifiable. non vérifié chiffre collectif ; confirmé 501 déclarés, DGTSS 2024.
Ce qui manque : un registre consolidé des pertes d'emploi. Le Sénégal ne publie pas de registre distinguant licenciement, fin de CDD, non-renouvellement, rupture amiable et suppression de poste. Sans lui, l'écart entre 501 déclarations et une réalité nationale plus large ne peut être ni confirmé, ni infirmé. C'est cette absence de mesure, plus que tel ou tel chiffre, qui fait débat. à documenter registre national des pertes d'emploi inexistant.
7e

Après un licenciement : des dispositifs existent, mais pas de parcours

Le Sénégal a construit des institutions pour gérer le contrat, la formation, l'emploi et le financement. Ce qui n'apparaît pas dans les dispositifs officiels, c'est la chaîne qui prend une personne au moment où elle perd son emploi et la suit jusqu'au suivant.

Les dispositifs existent, mais en silosCe qu'il fait
Inspection du travailgère la rupture et le conflit
ANPEJorientation, formation, coaching, intermédiation-placement, mobilité, accompagnement de projets
3FPTfinance la formation professionnelle
DER/FJ, FONGIP, ADEPMEfinancent l'entrepreneuriat et les PME
Le maillon absent : aucune passerelle automatique. Les sources officielles consultées ne décrivent aucun parcours national déclenché par la perte d'un emploi. Un licenciement déclaré à l'inspection n'entraîne pas automatiquement une inscription au service public de l'emploi, un bilan de compétences, une orientation vers un secteur qui recrute, une formation financée, puis un placement suivi. Les institutions interviennent séparément ; la continuité entre elles n'est pas documentée. à documenter aucune passerelle systématique identifiée.
L'indicateur manquant est simple. Sur 100 salariés licenciés, combien sont orientés vers un service public de l'emploi, combien suivent une formation de reconversion, combien retrouvent un emploi à 6 ou 12 mois ? Cette donnée n'est pas publiée. À cela s'ajoute une réalité de fond : il n'y a pas d'assurance chômage au Sénégal, et le sous-emploi touche près du tiers de la population active. confirmé UFE (absence d'assurance chômage) ; ANSD (sous-emploi).
Le chaînon manquant : un parcours de rebond professionnel
Une proposition d'observatoire. Pas une allocation chômage à la française, mais une politique active du marché du travail, telle que l'OIT décrit les services publics de l'emploi.
1Licenciement déclaré
2Bilan de compétences sous 30 jours
3Conseiller unique
4Formation courte si nécessaire
5Mise en relation avec les entreprises
6Suivi à 3, 6 et 12 mois
08

Un indice d'insertion professionnelle par formation (proposition)

Voici un outil qui pourrait être construit, et non un résultat officiel. L'idée : pour chaque formation, croiser le temps d'accès au premier emploi, le salaire médian, la stabilité et l'accès à un contrat protégé. Ce serait l'information la plus utile aux familles au moment de choisir une orientation.

Ceci est un prototype illustratif. Les chiffres ci-dessous ne sont PAS officiels. Ils servent uniquement à montrer le principe. Un tel indice devrait être produit à partir des enquêtes de l'ANSD, des données du 3FPT et de sondages d'insertion. Il s'agit d'une proposition méthodologique, pas d'une mesure. prototype non officiel

Licence économie · exemple illustratif

  • score d'insertion : 42/100
  • temps avant le 1er emploi : 14 mois
  • salaire médian : 180 000 FCFA
  • emploi formel : 31 %

BTS informatique · exemple illustratif

  • score d'insertion : 78/100
  • temps avant le 1er emploi : 3 mois
  • salaire médian : 420 000 FCFA
  • emploi formel : 81 %
Ces deux exemples opposés montrent pourquoi un tel indice serait précieux : à diplôme égal en durée d'études, l'insertion réelle peut être très différente. Mais tant que les données officielles ne sont pas produites, ces chiffres restent purement illustratifs.
09

La parole aux citoyens : des sondages d'expérience

Pour compléter les statistiques officielles, des sondages pourraient être menés de vécu, et non des sondages politiques. Des questions simples, factuelles, sur l'expérience réelle du marché du travail, qui éclairent ce que les chiffres agrégés ne montrent pas.

Questions de vécu proposées
Avez-vous trouvé un emploi au cours des 12 derniers mois ?
Votre salaire couvre-t-il vos dépenses du mois ?
Travaillez-vous avec un contrat écrit ?
Combien de candidatures avant votre dernier emploi ?
Avez-vous déjà saisi l'inspection du travail ?
Ces questions ne remplacent pas les enquêtes officielles : elles les complètent, en donnant la mesure du vécu là où les moyennes nationales restent abstraites. C'est une démarche d'observatoire citoyen, transparente sur sa méthode.
·

Sources et méthode

Cette page distingue clairement les données officielles vérifiées, les chiffres à recouper, et les propositions méthodologiques (clairement étiquetées comme telles). Les sources primaires priment sur la presse.

Chômage, NEET, structure de l'emploi (sections 1, 2, 3, 4) : ANSD, Enquête nationale sur l'emploi au Sénégal (ENES), 4e trimestre 2025. Chômage élargi 23,3 % contre 5,4 % au sens strict du BIT ; NEET 33,5 % (44,3 % rural, 43,2 % jeunes femmes) ; indépendants 54,5 %, salariés 40,6 %, tertiaire 60 %.
Informalité et protection sociale (section 4) : OIT (9 travailleurs sur 10 en emploi informel). RGE 2016 (97 % des unités économiques non agricoles informelles ; 2,6 % inscrites à l'IPRES, 2,4 % à la CSS). Ces deux mesures de l'informalité portent sur des périmètres différents (personnes contre unités économiques).
Salaires (section 5) : décret n°2023-1710 (SMIG 370,5 FCFA/h soit 64 223 FCFA/mois ; SMAG 236,9 FCFA/h) ; décision de revalorisation de juin 2023 (prime de transport 26 000 FCFA). Le salaire moyen d'environ 90 000 FCFA (2019) reste à revalider à la source ou à retirer. Inadéquation formation-emploi : Banque mondiale.
Programmes pour l'emploi (section 6) : DER/FJ (objectif de 100 000 emplois directs et 200 000 indirects par an, Plan Sénégal Émergent ; prêts remboursables sans taux de remboursement consolidé publié ; enquête de la Division des investigations criminelles sur un financement de 50 millions FCFA, rapportée par la presse en 2025-2026), 3FPT, ANPEJ, FONGIP, ADEPME. Les volumes d'activité annoncés sont des repères d'activité, pas des mesures d'emplois durables créés ; le coût par emploi durable n'est pas publié.
Inspection du travail (section 7) : toutes les données proviennent du Rapport annuel des statistiques du travail 2024 de la DGTSS (dgtss.gouv.sn). Conflits individuels : 3 960 travailleurs (2 139 conciliation totale, 110 partielle, 1 711 non-conciliation), 719 dossiers au tribunal, 802,7 M FCFA de transactions, 9,48 Md FCFA en ruptures amiables (2 914 travailleurs). Contrôles : 5 174 par 100 agents (33 inspecteurs, 67 contrôleurs), 11 810 manquements, 122 mises en demeure, 9 PV. Contrats : 48 267 CDD (61,98 %) contre 18 241 CDI (23,42 %) sur 77 870 enregistrés. Licenciements : 501 déclarés (186 « autres motifs », soit 37,1 %). Le rapport ne publie pas les suites judiciaires, les sanctions par infraction, la récidive, ni les successions de CDD par salarié.
Propositions méthodologiques (sections 8 et 9) : l'indice d'insertion professionnelle et les sondages d'expérience sont des propositions méthodologiques, non des données officielles. Les chiffres de l'indice sont purement illustratifs et devraient être produits à partir des enquêtes ANSD, 3FPT et de sondages d'insertion. Ils sont signalés comme prototypes dans la page.