Observatoire · Engagements de l'État

Les engagements de l'État, du discours à la preuve

Promesse par promesse, les engagements de l'État pour ce quinquennat, suivis un par un : ce qui a été annoncé, ce qui est documenté à ce jour, et un statut daté et sourcé pour chacun.

Sources · Présidence, Primature, Vision Sénégal 2050, plan de redressement, ANSD, Cour des comptes, FMI, Forum Civil · 2024 → 2026 · statuts au 5 juillet 2026
01

Les repères du mandat

Élu sur une promesse de rupture en mars 2024, le nouveau pouvoir a posé un cadre stratégique.

24 mars 2024
Élection présidentielle
au 1er tour, plus de 54 % des voix
confirmé résultats officiels
Oct. 2024
Vision Sénégal 2050
remplace le PSE · plan 2024-2029
confirmé Présidence, Primature
Août 2025
Plan « Jubbanti Koom »
redressement économique et social
confirmé Primature
+ de 2 ans
Mandat écoulé
assez pour des preuves, trop tôt pour un verdict définitif
confirmé depuis mars 2024
Tournant : mai 2026, une rupture au sommet de l'État. Le 22 mai 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et dissous son gouvernement, après des mois de tensions entre les deux hommes qui avaient porté ensemble l'accession au pouvoir en 2024. Ahmadou Al Aminou Lô a ensuite été nommé Premier ministre. Le 26 mai 2026, Ousmane Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale : l'ancien chef du gouvernement devient ainsi le principal contre-pouvoir institutionnel au sein d'une majorité fracturée. Cette configuration inédite ouvre une nouvelle phase politique, sur fond de crise de la dette et de rivalité en vue de la présidentielle de 2029. confirmé décret du 22 mai 2026, élection à l'Assemblée du 26 mai 2026.
02

La stratégie affichée

Deux documents structurent l'action. Ce sont des feuilles de route : ils fixent un cap, ils ne constituent pas en eux-mêmes un résultat. Les distinguer d'un bilan est essentiel.

Vision Sénégal 2050 · les quatre axes
1 · Gouvernance et engagement africain
2 · Capital humain et équité sociale
3 · Aménagement durable du territoire
4 · Économie compétitive et endogène
Le référentiel critique un modèle jugé « extraverti » et vise un développement « endogène ». Le plan de redressement « Jubbanti Koom » (août 2025) est présenté comme une étape de stabilisation préalable : rigueur budgétaire, ressources internes, moins d'endettement, sans recours à ce stade à un nouveau programme FMI (le programme précédent est suspendu depuis 2024). La logique est séquentielle : redresser d'abord, transformer ensuite. confirmé Présidence, Primature.
Point d'étape au 30 juin 2026 : devant l'Assemblée, le ministre de l'Économie Cheikh Diba a annoncé un accord attendu avec le FMI, évoquant le 15 juillet 2026 comme échéance, et a exclu toute restructuration de la dette au profit d'un « plan de traitement » interne. La mission FMI de juin 2026 a relevé une croissance de 6,7 % en 2025 et un déficit ramené de 13,4 % à 6,4 % du PIB, tout en jugeant les vulnérabilités liées à la dette encore élevées. confirmé FMI (communiqué de mission, 22 juin 2026) ; Débat d'orientation budgétaire, Assemblée nationale, 30 juin 2026.
03

Promesse par promesse : où en est-on ?

Pour chaque engagement : ce qui a été promis (▸), ce que disent les faits (•), l'origine (pouvoir actuel, hérité de l'ancien régime, ou à cheval) et un statut daté au 5 juillet 2026, avec sa source. Les filtres permettent de naviguer parmi les 41 engagements suivis.

Statut
Thème
Origine
41 engagements
Baisser le coût de la vie
Partiel · effet limité
Pouvoir actuel
Promis Baisses de prix homologués sur quelques denrées et baisse de 10 % de la première tranche d'électricité.
Constat La baisse de 10 % sur la première tranche d'électricité (0-150 kWh, de 91,17 à 82 FCFA/kWh) est effective au 1er janvier 2026 pour plus de 2,6 millions de clients. Mais le niveau général des prix reste élevé : après la flambée de 2022, l'inflation a ralenti sans que les prix ne redescendent, et les ménages ressentent peu d'amélioration.
Statut au 5 juillet 2026 · source : CRSE, décision n°2025-140 (déc. 2025) ; ANSD
Créer massivement des emplois
En recul sur l'indicateur suivi
Pouvoir actuel
Promis Programmes jeunesse et priorité affichée à l'emploi dans le « Projet », dont la plateforme Tabax Sénégal (lancée le 1er avril 2025).
Constat Le chômage élargi atteint 23,3 % au T4 2025, en hausse de 3,3 points sur un an (20,0 % au T4 2024), et 27,4 % chez les jeunes. Au sens strict du BIT, il est de 5,4 %. L'indicateur de suivi se dégrade.
Statut au 5 juillet 2026 · source : ANSD, note ENES T4 2025 (mars 2026)
Souveraineté économique et redressement
Redressement engagé · coût social lourd
Pouvoir actuel
Promis Redressement budgétaire, mobilisation de l'épargne interne, hausse des recettes fiscales pour financer l'État sans nouveau programme FMI dans l'immédiat.
Constat La pression fiscale a été renforcée : la SMRT 2024-2028 (Conseil des ministres, juin 2024) vise un point de pression fiscale de plus par an pour atteindre 20 %, et la loi de finances 2025 a porté le taux plafond de l'impôt sur le revenu à 43 % au-dessus de 50 millions FCFA. L'arrêt de chantiers publics pour audit a frappé le BTP : arriérés de l'État estimés par les acteurs à environ 250 milliards FCFA (sept. 2025), CDE passée de 2 000 à 900 salariés. Le déficit a toutefois été ramené de 13,4 % (2024) à 6,44 % du PIB (2025).
Statut au 5 juillet 2026 · source : SMRT 2024-2028 ; loi de finances 2025 ; RTEB 2025 ; presse économique (BTP)
Souveraineté alimentaire
En recul sur les récoltes 2024/25
Pouvoir actuel
Promis Hausse des budgets agricoles, prix plancher de l'arachide (305 FCFA/kg), subventions aux intrants, coopératives agricoles communautaires.
Constat Sur la série homogène de l'ANSD, la production d'arachide huilerie recule de 24,8 % en 2024/25 (795 585 tonnes contre 1 057 836), du fait du rendement (-19,8 %) et des superficies (-6,3 %). Les céréales baissent de 24,4 %. La dépendance reste élevée : environ 70 % des besoins sur les principaux biens étaient importés en 2022.
Statut au 5 juillet 2026 · source : ANSD, Bulletin des statistiques (janv. 2025) ; Stratégie de souveraineté alimentaire
Apurement des arriérés aux fournisseurs
Réalisé à 94,6 %
Pouvoir actuel
Promis Payer les arriérés de l'État aux fournisseurs et opérateurs pour assainir les finances.
Constat 474 Mds FCFA payés sur 500,9 prévus fin 2025 (94,6 %), reliquat de 23,5 Mds. Le secteur de l'énergie est quasi apuré (99,7 %), le BTP l'est partiellement (78,3 %).
Statut au 5 juillet 2026 · source : Rapport d'exécution budgétaire 2025 (RTEB)
Réduire le train de vie de l'État
Engagé · effets à vérifier
Pouvoir actuel
Promis Rationaliser les dépenses publiques et alléger le coût de fonctionnement de l'État.
Constat Le 4 mars 2026, le gouvernement a annoncé la suppression de 19 entités du parapublic et le repositionnement de 10 autres (28,05 Mds de dotations, 982 agents), pour une économie visée d'au moins 55 Mds FCFA sur trois ans. Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ont été supprimés. L'économie nette réelle reste à vérifier dans les comptes.
Statut au 5 juillet 2026 · source : communiqué du Conseil des ministres du 4 mars 2026
Déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB
Non tenu · 6,44 % en 2025
Pouvoir actuel
Promis Ramener le déficit public à 3 % du PIB, norme de convergence UEMOA, dès 2025.
Constat Le déficit 2025 s'établit à 6,44 % du PIB (1 387,5 Mds FCFA), meilleur que l'objectif révisé de 7,82 % mais loin des 3 %. La cible de 3 % est reportée à 2027.
Statut au 5 juillet 2026 · source : RTEB 2025 ; SDMT 2026-2028
Croissance de 7,8 % en 2025
Non tenu · ~6,7 %
Pouvoir actuel
Promis Atteindre une croissance de 7,8 % en 2025.
Constat La croissance réelle 2025 s'établit autour de 6,7 %, tirée par les hydrocarbures (Sangomar, GTA). Hors hydrocarbures, elle est nettement plus faible (autour de 3 %), révélant une économie duale.
Statut au 5 juillet 2026 · source : RTEB 2025 ; FMI
10 % du budget national à l'agriculture
Non tenu
Pouvoir actuel
Promis Consacrer 10 % du budget national à l'agriculture (engagement de Maputo).
Constat La part de l'agriculture dans le budget reste en deçà de 10 %. Le budget 2026 prévoit 9,6 Mds FCFA pour les coopératives agricoles et 13 Mds pour la mécanisation, loin du seuil visé.
Statut au 5 juillet 2026 · source : loi de finances 2026 ; engagement de Maputo
BPIS (fusion BNDE/FONSIS/FONGIP/DER)
À l'étude · non créée
Pouvoir actuel
Promis Créer une Banque publique d'investissement du Sénégal en fusionnant BNDE, FONSIS, FONGIP et DER (programme, axe 2).
Constat La banque n'a pas été créée, mais le processus est amorcé : le Conseil des ministres du 3 juillet 2025 a demandé une stratégie de rationalisation des instruments de financement publics (FONSIS, FONGIP, BNDE, BHS, LBA, DER...). Les structures existent encore séparément.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme Diomaye Président, axe 2 ; Conseil des ministres du 3 juillet 2025
PAIS : Plan d'Accélération Industrielle
Non tenu · non lancé
Pouvoir actuel
Promis Lancer un Plan d'Accélération Industrielle du Sénégal (programme, p.32).
Constat Aucun document de lancement d'un PAIS en tant que tel n'est indexé à ce jour. Des mesures sectorielles existent (financement PME, salons industriels), mais pas le plan promis.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme Yoonu Dëgg, p.32
Réforme monétaire (monnaie propre)
Non tenu · aucune démarche
Pouvoir actuel
Promis Engager une réforme monétaire vers une monnaie propre, en 12 étapes (programme, p.18).
Constat Aucune démarche formelle vers une monnaie nationale n'est documentée. Le pays reste dans la zone franc CFA / UEMOA.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme Yoonu Dëgg, p.18
Consolidation budgétaire (ressources internes)
Non vérifié
Pouvoir actuel
Promis Porter la part des ressources internes à 31 % du total des financements (SND 2025-2029).
Constat La part des ressources internes se situe autour de 14,5 %. Aucune trajectoire détaillée ni donnée de suivi ne permet de mesurer la progression vers 31 %.
Statut au 5 juillet 2026 · source : SND 2025-2029, p.111-113
Transparence et reddition des comptes
Partiel · publication incomplète
Pouvoir actuel
Promis Audit des finances publiques commandé dès l'arrivée au pouvoir, et publication de rapports trimestriels d'exécution budgétaire.
Constat L'audit du cabinet Forvis Mazars a été réalisé (rendu en juin 2025), mais n'a pas été publié dans son intégralité : ses conclusions ne sont connues que par recoupement. Les rapports de l'Inspection générale d'État ne sont pas publiés. Le FMI a évoqué en juin 2026 la possibilité d'un nouvel audit.
Statut au 5 juillet 2026 · source : Cour des comptes ; DPBEP 2026-2028 ; FMI ; Forum Civil
Audit et fiabilisation de la dette
Réalisé · rapport non publié
Pouvoir actuel
Promis Auditer les finances héritées et fiabiliser le stock réel de la dette (programme, p.16).
Constat Après le rapport de la Cour des comptes (février 2025), l'audit Forvis Mazars a réévalué la dette de l'administration centrale à 119 % du PIB fin 2024 (23 666,8 Mds FCFA, base ancienne), soit 132 % en périmètre élargi. Réserve : le rapport complet n'a pas été rendu public.
Statut au 5 juillet 2026 · source : DPBEP 2026-2028 ; Cour des comptes ; FMI
Justice et lutte anticorruption (Pool judiciaire financier)
Active · contestée sur l'équité perçue
Pouvoir actuel
Promis Installer une juridiction financière spécialisée et exploiter les rapports des corps de contrôle (programme, p.10).
Constat Le Pool judiciaire financier a été installé le 17 septembre 2024 (en remplacement de la CREI). Bilan au 17 avril 2025 : 262 personnes / 292 dossiers / 15 Mds FCFA saisis ; un décompte plus récent (2026) évoque plus de 1 090 interpellations. Les poursuites médiatisées concernent surtout l'ancien régime, ce qui alimente l'accusation d'une « justice à deux vitesses ». Au 18 août 2025, 15 267 détenus, dont 547 en détention provisoire de 3 ans ou plus.
Statut au 5 juillet 2026 · source : parquet financier (bilan PJF) ; ministère de la Justice (août 2025)
Lanceurs d'alerte, accès à l'information, OFNAC, patrimoine
Adopté · application à suivre
Pouvoir actuel
Promis Cadre légal de transparence : protéger les lanceurs d'alerte, garantir l'accès à l'information, renforcer l'OFNAC, élargir la déclaration de patrimoine (programme, p.11).
Constat Le 26 août 2025, l'Assemblée a adopté un paquet de quatre lois. La loi n°13/2025 sur les lanceurs d'alerte (protection, anonymat, immunité, récompense de 10 % des fonds récupérés) et la loi n°2025-15 sur l'accès à l'information ont été promulguées le 25 septembre 2025. S'y ajoutent la réforme de l'OFNAC (pouvoirs élargis) et la déclaration de patrimoine étendue aux magistrats. Restent les décrets d'application.
Statut au 5 juillet 2026 · source : lois n°13/2025 et n°2025-15, Assemblée nationale ; APS ; PPLAAF
Supprimer les fonds politiques (« caisses noires »)
Promesse abandonnée
Pouvoir actuel
Promis En campagne, le candidat Bassirou Diomaye Faye avait promis de supprimer la caisse noire de la présidence.
Constat Lors d'une interview début mai 2026, le président a défendu le maintien de ces fonds politiques : ils relèvent selon lui de « dépenses qui ne peuvent pas être détaillées au grand public », liées au renseignement, et « le contrôle ne doit pas être une contrainte ». La position actuelle s'écarte de l'engagement de campagne.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme de campagne 2024 ; interview présidentielle (mai 2026)
Cour constitutionnelle (remplacer le Conseil)
En cours · vote et référendum
Pouvoir actuel
Promis Remplacer le Conseil constitutionnel par une Cour constitutionnelle aux compétences élargies (programme, p.8).
Constat La proposition de loi n°17/2026 (6 députés Pastef) crée une Cour constitutionnelle de 9 membres. Déclarée recevable le 12 juin 2026, votée à l'Assemblée le 29 juin 2026 ; le président a décidé de soumettre le texte à référendum. Engagement avancé mais pas encore définitif.
Statut au 5 juillet 2026 · source : proposition de loi n°17/2026 ; Assemblée nationale ; Présidence (juin 2026)
Vice-président élu en tandem
Non tenu · non retenu
Pouvoir actuel
Promis Instaurer un poste de vice-président élu en tandem avec le président (programme, p.8).
Constat La révision constitutionnelle de 2026 (proposition n°17/2026) ne crée pas de vice-présidence élue. Elle renforce plutôt le rôle du Premier ministre. La promesse initiale n'est pas reprise.
Statut au 5 juillet 2026 · source : proposition de loi n°17/2026 ; programme Yoonu Dëgg, p.8
Régulation des médias (projet de loi CNRM)
En cours · en commission
Pouvoir actuel
Promis Réformer la régulation des médias par un nouveau cadre (projet de loi n°04/2026).
Constat Le projet de loi créant la CNRM est en commission des Lois à l'Assemblée nationale. Il n'est pas encore adopté.
Statut au 5 juillet 2026 · source : projet de loi CNRM 2026
Démarrage de la production pétrolière (Sangomar)
Réalisé · projet hérité
Hérité de l'ancien régime
Promis Faire du Sénégal un pays producteur de pétrole (champ de Sangomar).
Constat La production a démarré en juin 2024 : 16,9 M barils en 2024 (objectif de 11,7 M dépassé) et 36,1 M en 2025 (objectif de 30,53 M dépassé). Mais la décision finale d'investissement date du 9 janvier 2020, sous l'ancien régime : le projet a été lancé et structuré par le pouvoir précédent, l'actuel en gère l'exploitation.
Statut au 5 juillet 2026 · source : ministère de l'Énergie ; ITIE (décision d'investissement 2020)
Renégocier les contrats pétroliers, gaziers et miniers
Limité · peu d'aboutissements
Pouvoir actuel
Promis Renégocier les contrats extractifs jugés trop favorables aux intérêts étrangers, et publier les listes (pêche).
Constat Côté pêche, la liste des navires autorisés a été publiée et l'accord avec l'Union européenne n'a pas été renouvelé. Côté pétrole, gaz et mines, peu de renégociations abouties : les contrats majeurs (Sangomar, GTA) restent en place dans leurs grandes lignes.
Statut au 5 juillet 2026 · source : ministères sectoriels ; ITIE
Traçabilité des recettes pétrolières (loi 2022-09)
Non tenu · ventilation non publiée
À cheval sur les deux régimes
Promis Assurer la traçabilité des recettes pétrolières et leur ventilation par fonds (loi d'orientation 2022-09, ancien régime).
Constat Les recettes issues des hydrocarbures sont encaissées, mais la ventilation prévue par fonds (budget / fonds intergénérationnel / stabilisation) n'est pas publiée de façon détaillée.
Statut au 5 juillet 2026 · source : RTEB T4 2025, p.11 ; loi 2022-09
Subventions énergie sous 1 % du PIB d'ici 2029
Non tenu · trajectoire non amorcée
Pouvoir actuel
Promis Réduire les subventions à l'énergie sous 1 % du PIB d'ici 2029 (SND 2025-2029, logique Gas to power).
Constat Les subventions énergétiques se situaient autour de 4 % du PIB sur 2020-2023. Le RTEB 2025 fait état de 412,6 Mds FCFA de subventions au secteur. Aucun bilan d'étape vers la cible de 1 % n'a été publié.
Statut au 5 juillet 2026 · source : SND 2025-2029, p.111-113 ; RTEB 2025
Sortie de la liste grise du GAFI
Réalisé · dossier à cheval
À cheval sur les deux régimes
Promis Mettre le pays en conformité (LBC/FT) pour sortir de la surveillance renforcée.
Constat Le Sénégal a été retiré de la liste grise du GAFI le 25 octobre 2024 (plénière de Paris). Mais l'inscription (février 2021) et l'essentiel du plan d'action de 29 initiatives ont été engagés sous l'ancien régime : la sortie intervient sous le nouveau pouvoir, sur un travail largement antérieur.
Statut au 5 juillet 2026 · source : communiqué ministère des Finances ; GAFI (inscription 2021)
Transmission des rapports OFNAC au Procureur
Réalisé · suites non documentées
À cheval sur les deux régimes
Promis Exploiter judiciairement les rapports des corps de contrôle.
Constat 9 rapports ont été transmis (rapport OFNAC 2022, période à cheval sur les deux régimes). Les suites judiciaires réservées à ces rapports ne sont pas documentées publiquement.
Statut au 5 juillet 2026 · source : rapport OFNAC 2022, p.54-55
Suivi des 19 recommandations de la Cour des comptes
Non tenu · pas de suivi publié
À cheval sur les deux régimes
Promis Mettre en œuvre et suivre les 19 recommandations de l'audit de la dette (audit publié en août 2022).
Constat Aucun rapport de suivi de ces 19 recommandations n'est indexé publiquement, soit plusieurs années sans reddition documentée sur ce point.
Statut au 5 juillet 2026 · source : audit dette 2018-2020, p.47-50
Plateforme de gestion des ressources externes
Non tenu · pas en service
À cheval sur les deux régimes
Promis Mettre en service une plateforme de gestion des ressources externes (recommandation de l'audit 2022, échéance 2025).
Constat Aucun document attestant de la mise en service de cette plateforme n'est indexé, alors que l'échéance visée était 2025.
Statut au 5 juillet 2026 · source : audit dette 2018-2020, p.22
Contrats de performance des universités
Réalisé
Pouvoir actuel
Promis Encadrer les universités publiques par des contrats de performance (adresse du 3 avril 2026).
Constat Des contrats de performance ont été signés avec les universités publiques. Leur exécution et leurs résultats restent à évaluer sur la durée.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
Agenda ANTESRI (enseignement supérieur)
En cours · non documenté
Pouvoir actuel
Promis Réformer l'enseignement supérieur et la recherche via un agenda dédié (adresse du 3 avril 2026).
Constat Annoncé lors de l'adresse à la Nation, sans date d'adoption ni document de mise en œuvre produit à ce stade.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
8 nouveaux ISEP (24 000 apprenants d'ici 2029)
Non vérifié
Pouvoir actuel
Promis Créer 8 nouveaux Instituts supérieurs d'enseignement professionnel pour 24 000 apprenants d'ici 2029 (adresse du 3 avril 2026).
Constat L'annonce a été faite, mais aucun budget détaillé ni calendrier de réalisation n'a été publié permettant d'en suivre l'exécution.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
23 centres de formation professionnelle
Non vérifié
Pouvoir actuel
Promis Ouvrir 23 centres de formation professionnelle (adresse du 3 avril 2026).
Constat Selon l'annonce, 3 centres seraient opérationnels, 3 en cours et 23 programmés. Ces chiffres n'ont pas de document de suivi public permettant de les confirmer.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
15 % du budget national à la santé
Non tenu
Pouvoir actuel
Promis Consacrer 15 % du budget national à la santé (Déclaration d'Abuja, programme p.40).
Constat Les dépenses de santé tournent autour de 5 à 6 % des dépenses publiques dans les lois de finances 2024-2025, loin des 15 % d'Abuja. Le budget 2026 du ministère de la Santé s'établit à 217,27 Mds FCFA en crédits de paiement, dont 60 Mds pour la construction d'établissements.
Statut au 5 juillet 2026 · source : UNICEF ; note budget 2026 ; DGPPE
Couverture Sanitaire Universelle (CSU)
Non tenu · dispositif hérité
À cheval sur les deux régimes
Promis Instaurer une véritable CSU en remplacement de la Couverture maladie universelle (programme, p.40).
Constat Le dispositif actuel (mutuelles de santé communales, CMU) a été lancé en 2013 sous l'ancien régime et reste en place, avec un financement encore largement porté par les ménages. Aucun document d'une nouvelle CSU du pouvoir actuel n'est indexé.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme Yoonu Dëgg, p.40 ; MSAS
GAGET : Grande Agence pour l'Emploi
Non tenu · non créée
Pouvoir actuel
Promis Créer une Grande Agence pour l'Emploi regroupant les dispositifs d'insertion (programme, p.34).
Constat Aucun document de création de la GAGET n'est indexé à ce jour.
Statut au 5 juillet 2026 · source : programme Yoonu Dëgg, p.34
Financement de projets de personnes handicapées (PAVIE II)
Réalisé · portée à préciser
Pouvoir actuel
Promis Financer l'inclusion économique des personnes handicapées via PAVIE II.
Constat PAVIE II a été lancé le 8 mai 2025 (163,4 M€, objectif de 92 633 emplois, financement BAD). Le chiffre de 1 014 projets de personnes handicapées financés (1,37 Md FCFA, ~5 % de l'enveloppe) provient de l'adresse du 3 avril 2026 et demande à être recoupé avec le bilan officiel du programme.
Statut au 5 juillet 2026 · source : BAD (lancement PAVIE II, mai 2025) ; adresse à la Nation, 3 avril 2026
Enrôlement des personnes handicapées (assurance)
En cours
Pouvoir actuel
Promis Étendre la couverture assurantielle aux personnes handicapées (adresse du 3 avril 2026).
Constat 15 000 titulaires de la Carte Égalité des Chances enrôlés. L'extension prévue pour 2026 n'est pas encore chiffrée ni documentée.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
1 sage-femme pour 300 femmes (norme OMS)
Non vérifié
Pouvoir actuel
Promis Atteindre le ratio d'une sage-femme pour 300 femmes recommandé par l'OMS (Budget Genre 2026).
Constat La dernière donnée disponible (2022) fait état d'une sage-femme pour 1 197 femmes. Aucune donnée plus récente ne permet de mesurer la progression.
Statut au 5 juillet 2026 · source : Budget Genre 2026, p.9-11
Réduction de la pauvreté en zones rurales
Non vérifié
Pouvoir actuel
Promis Réduire la pauvreté, en particulier en zones rurales (SND 2025-2029).
Constat Le taux de pauvreté rurale était de 55,5 % en 2022. Aucun objectif chiffré daté ni donnée de suivi récente ne sont indexés pour mesurer l'engagement.
Statut au 5 juillet 2026 · source : Banque mondiale 2024, p.37
Sécurisation des JOJ Dakar 2026
En cours · budget non chiffré
Pouvoir actuel
Promis Assurer la sécurité des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 (adresse du 3 avril 2026).
Constat Des milliers de personnels ont été annoncés pour la sécurisation, mais aucun chiffre budgétaire précis n'a été communiqué.
Statut au 5 juillet 2026 · source : adresse à la Nation, 3 avril 2026
Lecture d'ensemble au 5 juillet 2026 : ce suivi documente promesse par promesse ce qui est réalisé, engagé, en recul ou non vérifiable, en distinguant les engagements du pouvoir actuel de ceux hérités de l'ancien régime. Un statut « réalisé » signale un acte documenté, sans préjuger de ses effets ni de sa pérennité ; un « non tenu » signale un objectif chiffré non atteint ou une mesure non documentée. Les statuts sont datés et évoluent avec les nouvelles publications.
04

L'engagement de transparence : état des lieux

C'est l'avancée la plus mise en avant par le pouvoir. Voici ce qu'en disent les faits et l'audit, et pourquoi la présenter comme accomplie serait prématuré.

Ce que dit réellement la Cour des comptes

  • l'audit fait état d'irrégularités budgétaires et d'un périmètre de dette plus large que celui qui était retenu dans les déclarations antérieures (99,67 % du PIB fin 2023 contre 74 % précédemment affichés, en base PIB de l'époque)
  • l'écart tient d'abord au périmètre de calcul retenu (administration centrale seule ou ensemble du secteur public), et relève d'un défaut de transparence et de gouvernance budgétaire, non d'une disparition de fonds que les chiffres ne corroborent pas

Pourquoi « transparence accomplie » est prématuré

  • commander un audit est un acte réel, mais il porte sur le passé
  • le rapport complet du cabinet mandaté n'est pas public
  • les rapports de l'IGE ne sont pas publiés
  • pas de reddition régulière et complète depuis 2024
Lecture TRAME : un audit du passé ne suffit pas à établir la transparence du présent. La transparence se mesure à la publication continue des comptes et des rapports, pas à une seule opération de révélation. Tant que cette publication continue n'existe pas, l'engagement reste partiel. confirmé Cour des comptes, Forum Civil.
05

Forces et risques de la stratégie

Au-delà du pour ou contre partisan, les forces et les risques de l'orientation choisie. TRAME présente les deux faces sans trancher.

Avantages / forces

  • une vision de long terme cohérente et assumée
  • une volonté de réduire la dépendance à l'endettement extérieur
  • une légitimité démocratique forte pour réformer
  • un effort de mobilisation des ressources internes

Inconvénients / risques

  • une hausse de la pression fiscale qui pèse sur les ménages et les entreprises
  • l'arrêt de chantiers pour audit, avec des arriérés de l'État et des pertes d'emplois (BTP)
  • une croissance et des recettes fragiles, sans filet du FMI à ce stade
  • une transparence affichée mais incomplète, et des promesses abandonnées (fonds politiques)
  • une rupture au sommet de l'exécutif depuis mai 2026
Ces deux colonnes sont les deux faces d'un même pari : redresser avant de transformer. La réussite suppose une stabilisation brève et une transformation rapide ; le risque est une austérité qui dure sans amélioration concrète pour les ménages.
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Les critiques, et la réponse du pouvoir

Deux lectures coexistent dans le débat sénégalais.

Ce que reprochent les critiques

  • chômage en hausse (23,3 % élargi, T4 2025)
  • dette estimée à 132 % du PIB fin 2024 en périmètre large (secteur public et parapublic, FMI)
  • croissance 2026 projetée à 2,2 % par la Banque mondiale
  • coût de la vie peu soulagé, réformes de la justice et de l'emploi en attente

Ce que répond le gouvernement

  • la dette et le déficit révélés sont hérités du régime précédent
  • la phase de redressement impose des choix difficiles
  • l'absence de programme FMI préserve la souveraineté
  • la transformation prendra du temps
Les deux lectures coexistent. Pour les critiques, l'argument de l'héritage ne peut pas tout justifier indéfiniment ; pour le pouvoir, la trajectoire séquentielle est cohérente et demande du temps. confirmé ANSD, FMI, Banque mondiale.
Lire les ratios dette / PIB : périmètre et base de calcul. Les ratios dette/PIB dépendent de deux choses. D'abord le périmètre : administration centrale seule (environ 111 % fin 2023, 118,8 % fin 2024 selon le FMI) ou secteur public et parapublic (environ 132 % fin 2024). Ensuite la base de calcul du PIB : en novembre 2025, l'ANSD a adopté une nouvelle base 2021 qui revalorise le PIB de 13,5 %, ce qui abaisse mécaniquement tous les ratios (le taux d'endettement public passe ainsi de 90,8 % à 80,0 % sur la nouvelle base). Les chiffres d'années ou de sources différentes ne sont comparables qu'à périmètre et base identiques. Voir l'observatoire Dette pour le détail. confirmé FMI, ANSD.
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Sources et méthode

Chaque statut distingue ce qui a été engagé de ce qui est documenté à ce jour ; une avancée revendiquée mais partielle ou contestée est signalée avec sa source. Statuts au 5 juillet 2026.

Stratégie (sections 1, 2) : Vision Sénégal 2050 lancée en octobre 2024 (plan quinquennal 2024-2029) ; plan de redressement « Jubbanti Koom » d'août 2025 ; séquence redressement puis transformation ; programme FMI suspendu depuis 2024, négociations en cours. Sources : Présidence, Primature, Vie publique Sénégal, 2024-2026.
Tournant politique (section 1) : fin des fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et dissolution de son gouvernement le 22 mai 2026 ; nomination d'Ahmadou Al Aminou Lô comme Premier ministre ; élection d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale le 26 mai 2026. Sources : décret présidentiel du 22 mai 2026 ; comptes rendus de l'Assemblée nationale, mai 2026.
Statuts promesse par promesse (section 3) : chômage élargi 23,3 % (ANSD, ENES T4 2025) ; inflation et prix (ANSD) ; croissance 2026 à environ 2,2 % (Banque mondiale) ; production d'arachide en baisse de 24,8 % sur la série homogène ANSD 2024/25 et environ 70 % des besoins sur les principaux biens importés en 2022 (Stratégie de souveraineté alimentaire) ; liste des navires de pêche et fin de l'accord UE ; Pool judiciaire financier. Sources : ANSD, Banque mondiale, Cour des comptes, ministères sectoriels, 2024-2026.
Transparence et dette (sections 4, 6) : audit de la Cour des comptes de février 2025 (dette 99,67 % contre 74 % en base PIB de l'époque, périmètre élargi, irrégularités et non « évaporation des fonds ») ; dette du secteur public et parapublic à 132 % du PIB fin 2024 (FMI) ; nouvelle base PIB 2021 adoptée par l'ANSD en novembre 2025, revalorisation de 13,5 % ; rapport Forvis Mazars et rapports IGE non rendus publics. Sources : Cour des comptes, FMI, ANSD, Forvis Mazars, Forum Civil, 2025-2026.
Redressement, fiscalité et BTP (sections 3, 5) : Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SMRT 2024-2028), adoptée en Conseil des ministres en juin 2024, objectif d'un point de pression fiscale supplémentaire par an pour atteindre 20 % (critère UEMOA) ; loi de finances 2025 (taux plafond de l'impôt sur le revenu porté à 43 % au-dessus de 50 millions FCFA). Crise du BTP liée à l'arrêt de chantiers pour audit et aux arriérés de l'État estimés par les acteurs à environ 250 milliards FCFA : témoignages d'entreprises (CDE) et mobilisation du secteur, presse économique sénégalaise, septembre 2025 et avril 2026. Le gouvernement justifie les audits par des malfaçons ou irrégularités présumées sur certains marchés ; les entreprises pointent les impayés et les pertes d'emplois. Les deux lectures sont rapportées ici.
Fonds politiques et train de vie (section 3) : engagement de campagne 2024 de supprimer la caisse noire de la présidence ; position défendue par le président lors d'une interview de mai 2026 (maintien des fonds politiques, « dépenses qui ne peuvent pas être détaillées au grand public »). Suppression de 19 entités du parapublic (Conseil des ministres du 4 mars 2026, économie visée d'au moins 55 milliards FCFA sur trois ans), du Haut Conseil des Collectivités Territoriales et du Conseil économique, social et environnemental.
Précautions et neutralité : cet observatoire distingue ce qui a été engagé de ce qui est documenté à ce jour. Lorsqu'une avancée revendiquée (comme la transparence) reste partielle ou contestée, cela est indiqué avec sa source. Plusieurs indicateurs de bilan font l'objet de débats ; les chiffres sont donnés avec leur source et leur date. Aucun engagement n'est classé « réalisé » à ce stade, ce qui reflète l'état du vérifiable, non un jugement de valeur. Les statuts évolueront avec les nouvelles publications.