Observatoire · Pétrole & gaz
Le Sénégal producteur : la rente est-elle au rendez-vous ?
Depuis juin 2024 (pétrole de Sangomar) et fin 2024 (gaz de GTA), le Sénégal produit et exporte des hydrocarbures. Mais les recettes budgétaires tirées de ces ressources restent, pour l'instant, limitées : de l'ordre de 1 % du budget. La vraie question n'est pas seulement « combien on produit », mais combien revient réellement au pays, et si on le retrouve dans les comptes.
Sources : Woodside, bp, Kosmos, PETROSEN, ITIE, Cour des comptes, ministère des Finances · 2024 → 2026
01
Le Sénégal, pays producteur
Deux projets majeurs sont entrés en production : Sangomar (pétrole, Woodside) et GTA (gaz, bp). Le pays exporte désormais du brut et du GNL. Voici les volumes, tels que déclarés par les opérateurs et le ministère.
58,9 M barils
production de pétrole cumulée (Sangomar)
de juin 2024 à février 2026 · 61 cargaisons · 16,9 M en 2024, 36,1 M en 2025
confirmé Woodside ; ministère de l'Énergie, 2026
4,27 M m³ GNL
gaz naturel liquéfié produit (GTA)
24 cargaisons commercialisées · de février 2025 à février 2026
confirmé bp ; Kosmos Energy, 2026
77,7 Md FCFA
revenus du sous-secteur hydrocarbures en 2024
contre 30,65 Md en 2023 · sur 455 Md pour tout le secteur extractif
confirmé ITIE, rapport 2024
~1 %
part des hydrocarbures dans le budget de l'État
selon les projections budgétaires 2026
confirmé DPBEP ; ministère des Finances
Une nuance essentielle sur les 77,7 milliards. Ce chiffre ITIE agrège les revenus du sous-secteur hydrocarbures (droits de douane, retenues sur salaires, etc.), il ne correspond pas uniquement à la part de l'État sur les barils produits à Sangomar. En 2024, la production commerciale de GNL de GTA n'avait d'ailleurs pas encore commencé. Produire ne suffit pas : encore faut-il que l'argent revienne à l'État et qu'on le retrouve dans les comptes.
02
Produire du pétrole ne veut pas dire s'enrichir tout de suite
Dans ces contrats de partage de production, l'entreprise récupère d'abord ses coûts d'investissement (le « cost oil ») avant que les bénéfices ne soient partagés avec l'État. Les premières années, la part de l'État est donc faible, puis elle monte.
Ce que disent les contrats
- L'opérateur a investi des milliards en amont
- Il récupère ces coûts sur les premières ventes
- La part de l'État augmente une fois les coûts amortis
Ce que ça peut masquer
- Des coûts élevés réduisent la part revenant à l'État
- Le flux net disponible pour PETROSEN après remboursement de sa dette n'est pas publié dans un tableau consolidé
- La structure des contrats signés avant 2024 est contestée
La vraie question. Elle n'est pas seulement « combien on produit », mais combien de coûts sont déduits, et combien revient réellement au pays. C'est pourquoi le montant des coûts récupérables est décisif (voir la section sur l'audit GTA).
03
Sangomar, le pétrole
À environ 100 km au sud de Dakar. Réserves récupérables estimées à ~630 millions de barils. Production démarrée en juin 2024, premier projet pétrolier offshore du pays.
82 %
Woodside Energy (opérateur, Australie)
18 %
PETROSEN (société nationale)
La montée en puissance de la production
millions de barils · Woodside, ministère de l'Énergie
FPSO L. S. Senghor
le navire-usine de Sangomar
unité flottante de production, stockage et déchargement · jusqu'à ~100 000 barils/jour · nommé en hommage au premier président
confirmé MODEC ; Woodside
6 destinations
pays et raffinerie d'exportation
Chine, Pays-Bas, Italie, Espagne, États-Unis, et la raffinerie nationale (SAR) · Woodside étudie une phase 2
confirmé Woodside, 2024-2026
04
GTA, le gaz
Le champ Grand Tortue Ahmeyim est à cheval sur la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, qui se partagent la ressource à parts égales. Il est exploité par bp (opérateur) et Kosmos Energy, aux côtés des sociétés nationales PETROSEN et SMH.
décembre 2024
Premier gaz extrait du système sous-marin (profondeur de 2 850 m, record africain).
février 2025
Premier gaz naturel liquéfié (GNL) produit sur le navire-usine.
avril 2025
Première cargaison de GNL exportée : le Sénégal devient pays exportateur de gaz.
~450 Md m³
réserves estimées du champ GTA
à cheval sur la frontière Sénégal-Mauritanie, parts égales
confirmé bp ; Kosmos Energy
~2,5 Mt/an
capacité GNL de la phase 1
via le FLNG Gimi
confirmé bp
FLNG Gimi
l'unité flottante de liquéfaction de GTA
converti par Seatrium/Golar · transforme le gaz en GNL pour l'export · à ne pas confondre avec le FPSO Senghor de Sangomar
confirmé Seatrium ; bp
PETROSEN a financé sa part par des prêts. La société nationale a financé sa participation dans GTA grâce à des prêts de bp et Kosmos (~435 M$), remboursables sur les revenus de sa part de GNL. Sa participation n'est donc pas un gain net immédiat : elle est adossée à de la dette envers les opérateurs eux-mêmes. confirmé rapport ITIE ; états financiers PETROSEN.
05
Ce que l'État avait prévu, et ce qu'il a réellement encaissé
Le pétrole et le gaz sont désormais produits. Le prochain enjeu de transparence est de comparer, année après année, les recettes prévues dans les documents budgétaires aux recettes effectivement déclarées et affectées au budget. C'est la question citoyenne clé : combien l'État avait-il prévu, et combien a-t-il vraiment encaissé ?
| Année | Recettes hydrocarbures prévues | Recettes effectivement déclarées |
| 2024 | n.d. | 77,7 Md (revenus sous-secteur, ITIE) |
| 2025 | à documenter | rapport ITIE à venir |
| 2026 | 61,59 Md (DPBEP 2026-2028) | en cours |
| 2027 | 397,8 Md (programmation 2027-2029) | n.d. |
| 2028 | 168 Md | n.d. |
| 2029 | 137,4 Md | n.d. |
227,2 Md
attendus sur 2026-2028 (ancien DPBEP)
61,59 Md (2026) · 91,93 Md (2027) · 73,70 Md (2028)
confirmé DPBEP 2026-2028
703,2 Md
attendus sur 2027-2029 (nouvelle programmation)
397,8 Md (2027) · 168 Md (2028) · 137,4 Md (2029) · révisée pour tenir compte du marché pétrolier
confirmé ministre Cheikh Diba, DPBEP 2027-2029, 30 juin 2026
Attention : les périodes ne sont pas identiques. Les deux programmations (227,2 Md sur 2026-2028 ; 703,2 Md sur 2027-2029) ne couvrent pas les mêmes années. On ne peut donc pas écrire que les prévisions ont « triplé ». On observe une montée beaucoup plus forte des recettes attendues à partir de 2027, ce qui justifie précisément un suivi annuel des prévisions et des recettes effectivement encaissées.
L'indicateur à suivre
Prévision initiale → prévision révisée → montant déclaré par l'ITIE → montant affecté au budget → montant effectivement exécuté. Tant que ces cinq étapes ne sont pas présentées dans un tableau annuel unique, il reste difficile pour un citoyen de suivre simplement ce que les hydrocarbures rapportent réellement aux finances publiques.
06
Valeur produite et recettes publiques : deux périmètres différents
Premier exercice de production : l'écart entre la valeur du pétrole produit et ce qui revient à l'État nourrit le débat sur le partage de la rente. Mais ces deux montants ne mesurent pas la même chose et ne doivent pas être confondus.
~1 536 Md
valeur estimée de la production cumulée
à fin juillet 2025 · valeur brute, avant déduction des coûts
à confirmer estimations reprises publiquement
~67 Md
part de recettes publiques citée à cette date
selon les estimations disponibles · périmètre distinct de la valeur brute
à confirmer estimations reprises publiquement
~6 000 Md
budget national 2026
les hydrocarbures ≈ 1 % de ce total selon les projections
confirmé loi de finances 2026
Périmètres à ne pas confondre. La valeur brute de la production (~1 536 Md) et les recettes publiques (~67 Md) ne mesurent pas la même chose : la première est la valeur totale des barils vendus, la seconde ce qui revient à l'État après récupération des coûts par l'opérateur. Il ne faut donc pas en tirer directement un ratio « 67 sur 1 536 » sans reconstituer précisément le cost oil, le profit oil, les taxes et la participation de PETROSEN. Le mécanisme de récupération des coûts explique la faiblesse des premières recettes.
Le débat politique. Il porte sur la structuration des contrats d'hydrocarbures signés avant 2024 et sur la faiblesse des recettes revenant à l'État au regard de la valeur produite. C'est l'objet des sections suivantes (audit des coûts, renégociation, arbitrage).
07
L'audit des coûts du GTA : un rapport non public
Parce que les coûts sont déduits avant la part des États, leur montant est décisif. Dans un contrat de partage de production, chaque dollar reconnu comme coût récupérable réduit mécaniquement la part revenant à l'État. Le Sénégal et la Mauritanie ont réclamé un audit des dépenses du projet gazier.
Un audit commandé, des résultats non publiés. L'État a commandé un audit des coûts du projet GTA. Des informations de presse attribuées à un audit du cabinet Mazars font état d'écarts importants entre les dépenses déclarées (autour de 4,1 Md$) et les coûts documentés (environ 2,8 Md$). Mais le rapport complet n'a pas été publié officiellement : ces montants proviennent d'une enquête de presse (Africa Intelligence) disant avoir consulté le document. Nous ne les présentons donc pas comme des conclusions publiques définitives. niveau de preuve : presse rapport non public.
Pourquoi sa publication compte. Tant que le montant des coûts récupérables n'est pas rendu public et contradictoirement vérifié, il est impossible pour un citoyen de savoir quelle part de la production revient réellement à l'État. La publication de cet audit est donc un enjeu de transparence direct sur la rente.
08
Rapprochement ITIE : ce qu'un écart mesure, et ce qu'il ne prouve pas
Le rapport ITIE rapproche ce que les entreprises déclarent avoir payé et ce que l'État déclare avoir reçu. Quand les deux ne coïncident pas parfaitement après conciliation, il reste un « écart non concilié ». Le Sénégal a obtenu un score de 89 sur 100 à la validation ITIE 2023.
L'écart non concilié, année par année
milliards de FCFA · rapports ITIE Sénégal
Ce qu'un écart ITIE mesure, et ce qu'il ne prouve pas
Un écart de rapprochement apparaît lorsque les montants déclarés par les entreprises et ceux déclarés par les administrations ne correspondent pas entièrement après les travaux de conciliation. Il peut résulter de différences de périmètre, de période, d'imputation ou de déclaration. Un écart non concilié n'est pas, à lui seul, une preuve de détournement. L'indicateur utile est son montant, sa part dans les recettes rapprochées et son évolution dans le temps. En 2023 comme en 2024, l'écart reste sous le seuil de tolérance de 2 %.
La contribution du secteur extractif (mines + hydrocarbures)
milliards de FCFA · rapports ITIE · portée surtout par les mines (or, phosphate)
La part pétro-gazière reste modeste. La contribution du secteur extractif monte (455 Md en 2024, un doublement en cinq ans), mais elle est portée surtout par les mines (or, phosphate). Le sous-secteur hydrocarbures ne représente que 77,7 Md en 2024. Une nouvelle loi prévoit désormais une annexe dédiée aux recettes d'hydrocarbures dans les rapports d'exécution budgétaire (Budget général, Fonds intergénérationnel, Fonds de stabilisation) : l'existence même de cette annexe reconnaît que la trace fine manquait jusqu'ici.
Ce qui est connu
- Les volumes produits et exportés
- Les revenus déclarés par les opérateurs
- Le total agrégé versé au budget
Ce qui manque encore
- La traçabilité fine de chaque recette dans l'exécution budgétaire
- Le flux net réellement disponible pour PETROSEN après remboursement de ses financements
- La réconciliation entre les deux chiffres officiels de production 2024 : 16,9 M barils (DGH) contre 14,2 M (PETROSEN), non expliquée publiquement
09
Contrats : départs d'opérateurs, contestation et arbitrage
Le Sénégal veut rééquilibrer des contrats signés pour 30 à 50 ans. En parallèle, des opérateurs ont quitté un projet gazier, le gouvernement conteste publiquement le contrat GTA, et un litige fiscal est déjà devant l'arbitrage international.
Yakaar-Teranga : les opérateurs s'en vont (champ gazier distinct de GTA, destiné au marché local).
novembre 2023
bp quitte Yakaar-Teranga sans compensation ; Kosmos monte à 90 % et devient opérateur. Désaccords sur les volumes, l'usage du gaz (marché local vs export) et le calendrier.
décembre 2025
Kosmos annonce préparer son retrait, faute de nouveau partenaire et de concept de développement jugé commercialement viable, avant l'expiration de la licence en juillet 2026.
avril 2026
Accord de retrait conclu avec PETROSEN, sans compensation financière annoncée pour l'État. Le projet doit être réorganisé autour de PETROSEN et d'un futur schéma de développement.
Ces retraits se sont faits sans contentieux à ce stade, mais ils laissent PETROSEN seule face à un gisement clé pour l'électricité du pays.
De l'audit à la contestation publique du contrat GTA.
août 2024
Commission d'examen des contrats pétroliers, gaziers et miniers (bp, Kosmos, Woodside).
mars 2026
Le Premier ministre Ousmane Sonko affirme publiquement que l'examen gouvernemental considère le contrat GTA opéré par bp comme déséquilibré (« unfair »), et annonce une revue générale des contrats extractifs.
à suivre
Publication du document annoncé sur les contrats · demandes précises adressées à bp · éventuel avenant ou renégociation.
ARB/25/23
Woodside Energy (Sénégal) c. République du Sénégal
affaire CIRDI enregistrée le 30 mai 2025 · tribunal constitué début 2026
confirmé CIRDI ; Reuters, 2025-2026
~41 Md FCFA
redressement fiscal au cœur du différend
≈ 65-68 M$ · redressement DGID de juillet 2024 · selon les informations publiques disponibles
confirmé Ecofin ; Offshore Technology
Renégociation annoncée ≠ contrat modifié
À ce jour, la question mesurable est simple : un avenant contractuel a-t-il été signé et publié ? Les contrats contiennent des clauses d'arbitrage (CIRDI) et de stabilisation : la voie arbitrale est longue, coûteuse et confidentielle. Une contestation publique ne vaut pas modification du contrat tant qu'un avenant n'est pas signé et rendu public.
10
Contenu local : les Sénégalais en profitent-ils ?
Une loi de 2019 oblige les opérateurs à recourir aux entreprises et à la main-d'œuvre sénégalaises. Sur le papier, le cadre est solide. Dans les faits, la part locale progresse mais reste à consolider.
906 Md
captés par les entreprises sénégalaises (secteur extractif, 2023)
soit 46 % des 1 967 Md de dépenses déclarées
confirmé rapport ITIE 2023
1 110 Md
transactions avec fournisseurs locaux (secteur extractif, 2024)
dépasse pour la 1re fois les fournisseurs étrangers (1 025 Md)
confirmé rapport ITIE 2024
8 523
personnes employées (26 entreprises suivies, 2023)
secteur extractif entier, pas uniquement pétrole-gaz
confirmé rapport ITIE 2023
Deux périmètres à ne pas comparer directement. Les présentations 2023 (906 Md sur 1 967 Md) et 2024 (1 110 Md de transactions locales) ne sont pas construites de la même façon. Il ne faut donc pas en tirer une évolution annuelle en pourcentage : deux chiffres officiels ne deviennent pas comparables simplement parce qu'ils portent le même intitulé général. Le sous-total hydrocarbures 2024 des fournisseurs locaux est d'environ 362 Md, un périmètre encore différent.
Les limites signalées
- Des sociétés « de façade » : actionnariat local sans réel pouvoir de décision, le ministère lui-même alerte
- Un tissu d'entreprises fragile : structures familiales, informalité, accès au financement limité
- L'effet « traitement national » : toute entreprise installée au Sénégal est comptée comme nationale, ce qui peut diluer l'objectif d'un contenu réellement local
Le cadre légal
- Loi n°2019-04 (étendue au minier en 2022)
- Secrétariat technique du contenu local (2020)
- Plans annuels obligatoires et plateforme nationale d'appels d'offres
11
Impacts sur la pêche artisanale
Pendant qu'on annonce des milliards, les pêcheurs de la Langue de Barbarie (Guet Ndar) voient leurs zones de pêche se réduire autour de la plateforme GTA.
en continu
Zones de pêche réduites par l'exclusion autour de la plateforme ; baisse de revenus pour une communauté qui ne vit que de la mer (~5 300 pirogues recensées).
incidents
Une fuite de gaz détectée et dénoncée, et l'arraisonnement de bateaux de pêche près du site, sur fond de tension sociale.
6 février 2026
La plainte des pêcheurs franchit une première étape à l'OCDE : le Point de contact national britannique estime que plusieurs questions soulevées par LSD et Gaalou Guett méritent un examen approfondi.
Ce que la décision OCDE établit, et ce qu'elle n'établit pas
Le Point de contact national britannique de l'OCDE a rendu une évaluation initiale : il a décidé d'examiner plus avant certaines questions (diligence raisonnable, dialogue avec les communautés). Cette décision n'établit pas que bp ou Kosmos ont violé les Principes directeurs de l'OCDE. Ce qui est allégué par les plaignants (restriction d'accès aux zones de pêche, atteinte aux moyens de subsistance, insuffisance de consultation) sera examiné ; aucune violation n'est établie à ce stade. La communication de « victoire » émane de l'ONG plaignante (LSD), pas de la décision elle-même.
Le contraste. Des acteurs de la société civile (Publiez Ce Que Vous Payez, LEGS Africa, LSD) pointent l'écart entre les milliards annoncés et la pauvreté visible autour des sites, et jugent les compensations envisagées insuffisantes. Les pêcheurs réclament des récifs artificiels pour compenser les zones perdues, des indemnisations et une nouvelle étude d'impact environnemental.
·
Sources & méthode
Production et projets. Sangomar (Woodside 82 % / PETROSEN 18 % ; FPSO Léopold Sédar Senghor ; 16,9 M barils en 2024 ; 36,1 M en 2025 ; 58,9 M cumulés et 61 cargaisons à fin février 2026) : Woodside Energy, MODEC, ministère de l'Énergie, 2024-2026. GTA (bp opérateur + Kosmos + PETROSEN + SMH ; FLNG Gimi ; premier gaz déc. 2024 ; première cargaison avril 2025 ; ~450 Md m³ ; 2 850 m ; 4,27 M m³ GNL et 24 cargaisons à fin février 2026) : bp, Kosmos Energy, Seatrium, 2024-2026.
Recettes et budget. Revenus sous-secteur hydrocarbures 77,7 Md en 2024 (30,65 Md en 2023) sur 455 Md pour tout le secteur extractif : rapport ITIE 2024. Programmations : 227,22 Md sur 2026-2028 (DPBEP 2026-2028) ; 703,2 Md sur 2027-2029 (397,8 / 168 / 137,4 Md), présentés à l'Assemblée le 30 juin 2026 par le ministre Cheikh Diba. Participation de PETROSEN dans GTA financée par des prêts bp/Kosmos (~435 M$) : rapport ITIE, états financiers PETROSEN.
Rapprochement ITIE. Écarts non conciliés : 0,47 Md (2022), 2,85 Md soit 0,79 % (2023), 2,48 Md soit 0,60 % (2024), tous sous le seuil de 2 %. Score de validation ITIE 89/100. Contenu local : 906 Md sur 1 967 Md et 8 523 emplois (secteur extractif, 2023) ; 1 110 Md de transactions locales dépassant les 1 025 Md étrangers (2024). Périmètres 2023 et 2024 non directement comparables. Rapports ITIE Sénégal 2022, 2023, 2024 (administrateur indépendant), Comité national ITIE.
Audit, contrats, arbitrage. Audit des coûts GTA (écarts ~4,1 vs ~2,8 Md$) : informations de presse attribuées à un audit Mazars (Africa Intelligence), rapport non public. Yakaar-Teranga : retrait de bp (nov. 2023, sans compensation), retrait de Kosmos négocié avec PETROSEN (accord avril 2026). Contestation publique du contrat GTA par le Premier ministre Ousmane Sonko (mars 2026, « unfair ») : Reuters. Arbitrage : Woodside Energy (Sénégal) c. République du Sénégal, affaire CIRDI enregistrée le 30 mai 2025, redressement fiscal ~41 Md FCFA (≈ 65-68 M$).
Pêche et OCDE. Impact sur la Langue de Barbarie / Saint-Louis (zones réduites, fuite de gaz, arraisonnement de bateaux, ~5 300 pirogues) : associations de pêcheurs, ONG LSD (Lumière Synergie pour le Développement), LEGS Africa. Plainte à l'OCDE : évaluation initiale du Point de contact national britannique du 6 février 2026, qui décide d'examiner plus avant sans établir de violation.
Précautions de lecture
Cet observatoire recoupe des sources officielles (opérateurs, ITIE, ministères, CIRDI) et, quand une donnée n'est pas publique, l'indique explicitement. Les écarts ITIE sont des différences de rapprochement comptable et ne valent pas, à eux seuls, preuve de détournement. Les procédures citées (arbitrage, plainte OCDE) sont en cours : aucune conclusion définitive n'en est tirée. Les montants issus de la presse (audit GTA) sont signalés comme tels et ne sont pas présentés comme des conclusions publiques.