Observatoire · Santé

Se soigner au Sénégal :
ce que le système coûte, couvre et oublie

Un état des lieux de la santé publique sénégalaise à partir des sources officielles : ce que révèlent les enquêtes nationales, ce que paient les ménages, et ce que l'État promet.

Chaque donnée porte sa source et son statut de vérification
01

L'état de santé du pays

Les grands indicateurs de mortalité et d'espérance de vie, tirés des enquêtes démographiques nationales. Ils situent le point de départ : où en est le Sénégal, et d'où il vient.

40‰
Mortalité des moins de 5 ans
contre 121‰ en 2005
Mesuré 2018-2023 · EDS-Continue · publié 2023
confirmé ANSD, EDS-Continue 2023 (indicateurs clés)
23‰
Mortalité néonatale
contre 35‰ en 2005
Mesuré 2018-2023 · EDS-Continue
confirmé ANSD, EDS-Continue 2023
153
Décès maternels / 100 000 naissances
contre 401 en 2005
Mesuré 2023 · EDS-Continue
confirmé ANSD EDS 2023 ; évolution 401→153 confirmée BM PAD 2026
4,0
Indice de fécondité
contre 5,3 en 2005
Mesuré 2023 · EDS-Continue
confirmé ANSD, EDS-Continue 2023
Modèle de dates TRAME : chaque donnée distingue l'année mesurée (ce que le chiffre décrit), la date précise si disponible, et la date de publication du document. Un chiffre publié en 2024 peut mesurer 2023 : ne pas confondre.
02

Accès aux soins

La couverture prénatale progresse, mais les moyennes nationales masquent les écarts entre villes et campagnes. À compléter avec les données de distance aux structures et de couverture assurantielle.

97 %
Soins prénatals qualifiés
au moins une visite
Mesuré 2023 · EDS-Continue
confirmé ANSD, EDS-Continue 2023
68 %
Au moins 4 visites prénatales
seuil recommandé OMS
Mesuré 2023 · EDS-Continue
confirmé ANSD, EDS-Continue 2023
55 %
Couverture CMU
population enrôlée dans la couverture maladie universelle
2023 · SEN-CSU (via BM)
confirmé BM, PAD P508171 (2026) citant SEN-CSU 2023
03

Personnel de santé

La ressource humaine est concentrée dans la capitale. La formulation exacte compte : la source parle de « ressources humaines de santé », pas seulement des médecins.

42,4 %
des ressources humaines de santé concentrées à Dakar
⚠ formulation exacte de la source (pas « 42,4 % des médecins »)
Mesuré 2022 · SESN 2022-2023 · publié janv. 2026
confirmé ANSD, SESN 2022-2023 (via SenePlus, formulation source)
1 / 6 820
Médecins par habitant (national)
se rapproche des standards internationaux
Mesuré 2022 · SESN 2022-2023
confirmé ANSD, SESN 2022-2023
2 057
Médecins au total
contre 1 707 en 2021 (+20,5 %)
Mesuré 2022 · SESN 2022-2023
confirmé ANSD, SESN 2022-2023
1 / 2 937
Infirmiers par habitant
Thiès, 2e région : 10,0 % des effectifs
Mesuré 2022 · SESN 2022-2023
confirmé ANSD, SESN 2022-2023
Correction confirmée + nuance de formulation : la source ANSD écrit « Dakar regroupe le plus grand nombre de médecins, avec 42,4 % des ressources humaines en 2022 ». La phrase associe les médecins et les « ressources humaines » : afficher « 42,4 % des ressources humaines de santé » (formulation de la source), et NON « 42,4 % des médecins » qui serait une sur-interprétation. Publié janvier 2026, mesuré 2022.
04

Mère & enfant

Le domaine où le Sénégal a le plus progressé depuis 2005. Presque toutes ces données peuvent être verrouillées avec une source primaire unique : l'EDS-Continue 2023.

IndicateurNiveau ancien2023Statut
Mortalité infanto-juvénile (moins de 5 ans)121‰ (2005)40‰confirmé ANSD
Mortalité infantile (moins d'1 an)61‰ (2005)31‰confirmé ANSD
Mortalité néonatale (moins de 28 jours)35‰ (2005)23‰confirmé ANSD
Indice de fécondité5,3 (2005)4,0confirmé ANSD
Soins prénatals qualifiésn.d.97 %confirmé ANSD
Au moins 4 visites prénatalesn.d.68 %confirmé ANSD
Décès maternels / 100 000 nvn.d.153confirmé ANSD
vérifié Source primaire : ANSD, EDS-Continue 2023, Rapport des indicateurs clés (mesuré 2018-2023, publié nov. 2023 / restitué juin 2024). ansd.sn/sites/default/files/2023-12/Final Senegal DHS - KIR 2023.pdf
Vocabulaire vérifié (piège fréquent) : trois indicateurs distincts, tous confirmés par l'ANSD : mortalité néonatale (moins de 28 jours) 35‰→23‰ ; infantile (moins d'1 an) 61‰→31‰ ; infanto-juvénile (moins de 5 ans) 121‰→40‰. Ne pas les confondre : ils ne mesurent pas la même tranche d'âge.
05

Maladies, épidémies et saisonnalité

Le cœur utile de l'observatoire : quand et où surveiller quoi. La question à laquelle cette section doit répondre : « en juillet à Kédougou, quels risques sanitaires surveiller ? » Les intensités ci-dessous sont illustratives et devront être établies à partir des bulletins épidémiologiques du ministère, du COUS, du PNLP et de l'OMS.

JanFévMarAvrMaiJunJulAoûSepOctNovDéc
Paludisme
Dengue
Méningite
Fièvre Vallée du Rift
Fièvre jaune
Choléra
Chikungunya
hors période vigilance risque élevé pic

Paludisme : le recul nette de 2024 à 2025

Au niveau national, l'incidence et les décès ont fortement baissé en un an. Le Sénégal vise l'élimination en 2030, mais la transmission reste concentrée dans le triangle KKT (Kolda, Kédougou, Tambacounda) et pendant la saison des pluies.

2024 2025 Incidence ‰ Décès 22,8‰ 12,8‰ 314 151
Incidence (‰, échelle gauche) Décès (échelle droite)
Chiffres confirmés (PNLP, 25 avril 2026) : l'incidence passe de 22,8‰ (2024) à 12,8‰ (2025) et les décès de 314 à 151, soit une réduction de moitié en un an. 73 districts sur 79 (92,4 %) sont en phase de pré-élimination. Sur longue période, la part du paludisme dans l'ensemble des maladies est passée de 35 % (2000) à 1,4 % (2025). Foyers de transmission active persistants : Touba, Kaolack, Kédougou, Tambacounda, Kolda. confirmé PNLP, communiqué Journée mondiale du paludisme (APS, Seneweb, Santé tropicale).
Épisodes confirmés à la source (2025) : Fièvre de la Vallée du Rift : épidémie déclarée le 21 sept. 2025, 500 cas humains confirmés dont 31 décès au 23 nov. (épicentre Saint-Louis / Richard-Toll, vallée du fleuve, avec Louga et Matam) : la pire depuis des décennies. Chikungunya : 10 cas confirmés entre les semaines 1 et 49 de 2025. confirmé OMS
confirmé OMS Bureau régional Afrique (FVR, bilan 23 nov. 2025) ; OMS Rapid Risk Assessment Chikungunya (29 déc. 2025). Dengue et fièvre jaune : non confirmées pour 2025, à sourcer avant tout affichage.
12

Carte des alertes régionales

Croiser les données de maladies chroniques (STEPS 2024) avec la géographie. Chaque région est colorée selon son taux d'hypertension. Cliquez une région pour voir ses trois prévalences. Disposition schématique (formes stylisées, positions approximatives).

Hypertension : <32 % 32-38 % 38-42 % >42 %
Cliquez une région
Données STEPS 2024 · MSAS (confirmé)
La carte montre le taux d'hypertension par région. Saint-Louis (43,3 %), Sédhiou (41,4 %) et Tambacounda (40,6 %) sont les plus touchées. Matam se distingue par un diabète à 10,7 %, plus du double de la moyenne nationale.
confirmé Prévalences : MSAS, Écho STEPS 2024 par régions. Fond cartographique : frontières administratives réelles (Natural Earth admin-1).
06

Prévenir avant de soigner

Ce que l'État met en place pour prévenir, à travers la Direction de la Prévention du ministère et ses programmes dédiés. Les dispositifs existent et sont identifiés ; les chiffres de couverture par année seront ajoutés depuis les rapports de chaque programme.

77 → 64 %
Couverture vaccinale complète des enfants
a chuté entre 2019 et 2023 · 6 % n'ont jamais été vaccinés en 2023 (3 % en 2017)
2019 → 2023
confirmé OMS 2024, cité par l'étude institutionnelle BM (livrable télémédecine, janv. 2025)
84 → 61 %
Usage des moustiquaires imprégnées
recul confirmé · traitements antipaludiques : 66 % → 18,4 % · ~600 000 cas/an
2017 → 2023
confirmé OMS 2024, cité par l'étude institutionnelle BM (janv. 2025)
Surveillance
Réseau 4S & SIMR
surveillance sentinelle syndromique et riposte, bulletins épidémiologiques hebdomadaires
dispositif confirmé MSAS, Direction de la Prévention (BEH)
PNLT
Lutte contre le tabac
programme national rattaché à la Direction de la Prévention
dispositif confirmé MSAS, Direction de la Prévention
Structure officielle (confirmée) : la Direction de la Prévention comprend trois divisions (Prévention individuelle et collective ; Immunisation ; Surveillance et Riposte vaccinale) et pilote le Programme national de Lutte contre le Tabac. La surveillance épidémiologique s'appuie sur le réseau sentinelle 4S et la Surveillance Intégrée des Maladies et Riposte (SIMR), avec des bulletins hebdomadaires. Source : sante.gouv.sn, Direction de la Prévention.
6b

Le premier kilomètre du soin

Avant l'hôpital, il y a le réseau communautaire et la distance à parcourir. Ces indicateurs disent l'accès réel aux soins, surtout en zone rurale.

44 434
acteurs de santé communautaires
+ 4 869 sites communautaires · formés au préventif, curatif et promotionnel
2021 · OMS
confirmé OMS, Stratégie de coopération Sénégal 2024-2028, p.32 (donnée 2021, pas 2025)
2 283
cases de santé
+ 1 531 postes de santé, 84 centres de santé type 1, 26 type 2 · concentrées à Thiès (297), Kaolack (254), Kolda (244) ; moins de 40 à Dakar
2021 · carte sanitaire
confirmé MSAS, Rapport de suivi de la carte sanitaire 2021 (tableau officiel)
34 008
agents dans les points de prestation
tous services · dont 26,3 % en assistance aux soins et 19,7 % en consultations primaires curatives
2021
confirmé MSAS, carte sanitaire 2021 (tableau ressources humaines)
Distances d'accès confirmées (carte sanitaire 2021, rayon moyen d'action théorique) : poste de santé 6,4 km · centre de santé 23,9 km · établissement public de santé 39,6 km. Mais la distance réelle parcourue d'un poste vers le centre de santé le plus proche atteint 31,5 km en moyenne nationale, et jusqu'à 58,6 km à Matam, 47,3 km à Tambacounda. L'accès varie donc énormément : de 1 km à Dakar à plus de 10 km à Kédougou. confirmé MSAS, carte sanitaire 2021.
Ratios de personnel confirmés (carte sanitaire 2021) : 1 médecin pour 8 317 habitants au niveau national, mais de 1 pour 3 498 à Dakar à 1 pour 36 998 à Sédhiou. 1 infirmier pour 3 185 habitants, 1 sage-femme pour 1 266 femmes en âge de procréer. confirmé MSAS, carte sanitaire 2021.
Accès à la couverture (confirmé) : 42 % de la population couverte par des mutuelles en 2023 ; 49 % de couverture maladie en 2021 (dont 19 % par les mutuelles). Fait marquant : en 2019, environ 66 % des personnes éligibles à la gratuité ignoraient leur droit à la couverture. confirmé étude institutionnelle BM (janv. 2025).
6c

Dépistage : détecter avant qu'il ne soit trop tard

Il n'existe pas un seul « taux de dépistage » commun à toutes les maladies : chaque pathologie a son propre dénominateur. D'où une cascade de détection par maladie, avec ce qui est publié et ce qui manque encore.

PathologieIndicateurValeurAnnéeStatut
HypertensionPrévalence mesurée28,2 %2024confirmé STEPS
HTApart ignorant son statut · dépistés/ciblen.d.n.d.non publié
DiabètePrévalence mesurée4,2 %2024confirmé STEPS
Diabètepart ignorant son statut · dépistés/ciblen.d.n.d.non publié
Cancer du colfemmes ayant déjà eu un dépistage10,9 %historiqueà recouper PNDSS
Cancer du colpopulation cible (protocole 2025)25-69 ans2025à recouper
Cancer du seinprotocole national de détection précoceoui2025à recouper
VIHcascade 2022 : statut connu / sous traitement / charge supprimée88 / 91 / 902022confirmé
VIHtaux d'infection (prévalence 15-49 ans)0,3 %2022confirmé
Tuberculosetaux de notification73 %2022confirmé
Sources : prévalences HTA et diabète confirmées au document STEPS 2024. Cascade VIH 2022 (88 % connaissent leur statut, 91 % sous traitement, 90 % charge virale supprimée) et notification tuberculose (73 %) confirmées par la Stratégie de coopération OMS-Sénégal 2024-2028 (données du rapport CNLS). Le dépistage du col (protocole 2025, femmes 25-69 ans) et la vaccination HPV (filles 9-14 ans) sont des protocoles, pas des taux réalisés. Le taux historique de dépistage du col (10,9 %) reste à recouper au PNDSS.
07

Les maladies silencieuses

Le vrai risque : les malades qui s'ignorent. L'enquête STEPS fournit les prévalences. Attention à ne pas mélanger les millésimes : les prévalences ci-dessous sont de STEPS 2024, les taux d'ignorance venaient de STEPS 2015.

28,2 %
Hypertension artérielle
moyenne nationale (18-69 ans)
STEPS 2024 · MSAS
confirmé MSAS, Écho STEPS 2024 par régions (document officiel)
4,2 %
Diabète
moyenne nationale
STEPS 2024 · MSAS
confirmé MSAS, Écho STEPS 2024 par régions
26,6 %
Hypercholestérolémie
moyenne nationale
STEPS 2024 · MSAS
confirmé MSAS, Écho STEPS 2024 par régions
Vérifié au document officiel : les trois prévalences sont confirmées par « Écho STEPS 2024 par régions » (MSAS). Le « 24,5 % » qui circulait dans la presse était une reprise erronée : le document officiel donne bien 28,2 % pour l'hypertension. Rappel de comparaison : STEPS 2015 donnait HTA 29,5 % et diabète 3,4 %.
Piège de millésime signalé : « 41,6 % ignorent leur hypertension » et « 84,7 % ignorent leur statut glycémique » proviennent de STEPS 2015, pas 2024. Ne pas les afficher comme des données 2024.
08

Qui paie réellement les soins ?

Le manque le plus important du dashboard actuel. Au-delà de la CMU, la vraie question : combien le Sénégalais paie-t-il encore de sa poche ? Et combien de ménages la santé fait-elle basculer dans la pauvreté ?

154 833
FCFA de paiements directs par ménage
contre 95 190 FCFA en 2014
Mesuré 2019 · EHCVM 2018-2019
confirmé MSAS/OMS, Étude sur les dépenses catastrophiques de santé 2014 & 2018-2019
1,3 %
des ménages appauvris par les paiements de santé
1,9 % en rural · 0,8 % en urbain
Mesuré 2019 · EHCVM
confirmé MSAS/OMS, Étude DCS 2014 & 2018-2019
18 941
ménages en dépenses catastrophiques de santé
seuil OMS 40 % · 1,1 % des ménages (contre 22 711 en 2014)
Mesuré 2019 · EHCVM
confirmé MSAS/OMS, Étude DCS 2014 & 2018-2019

D'où vient l'argent, et qui reste exposé

Les flux de financement du système. La part des ménages (le « reste à charge ») est la mesure qui compte pour le citoyen. Largeurs illustratives, à établir à partir des comptes nationaux de la santé.

Étatbudget santé BailleursFonds mondial, BM, GFF… Mutuelles / CMU Ménagesreste à charge (part clé) Systèmede santé Soins
À lire : la part des ménages (le « reste à charge ») est la mesure qui compte pour le citoyen. Les médicaments en sont le premier poste (voir section 9). Les proportions du schéma seront ajustées aux montants des Comptes nationaux de la santé.
confirmé Détail 2019 (EHCVM, moyennes par ménage) : consultation 19 282 F · médicaments 80 246 F · hospitalisation 25 825 F · examens 27 162 F. Le médicament = 51,8 % des dépenses de santé (61,3 % en 2014). Source : MSAS/OMS, Étude DCS 2014 & 2018-2019, tableau 2.
09

Le médicament, premier coût

« Ruptures récurrentes » ne suffit pas. Deux angles : le médicament comme premier poste de dépense des ménages (donnée solide), et un observatoire des ruptures (à construire).

65 %
des dépenses santé des ménages les plus pauvres vont aux médicaments
contre 43 % pour les plus riches
Mesuré 2019 · EHCVM
confirmé MSAS/OMS, Étude DCS 2014 & 2018-2019, tableau 7
57,3 %
des paiements directs en milieu rural = médicaments
48,6 % en milieu urbain
Mesuré 2019 · EHCVM
confirmé MSAS/OMS, Étude DCS, tableau 11
51,8 %
part des médicaments dans les dépenses de santé (national)
premier poste, tous ménages (61,3 % en 2014)
Mesuré 2019 · EHCVM
confirmé MSAS/OMS, Étude DCS 2014 & 2018-2019
Observatoire des ruptures (à construire) : par médicament essentiel : structure, région, date de signalement, date de retour en stock, jours de rupture, source. KPI cibles : durée médiane d'une rupture, nombre de districts touchés, top des médicaments indisponibles. Piste primaire : Annuaire statistique sanitaire (stock PNA). à construire
10

Financement & dépendance extérieure

Erreur méthodologique à corriger sur la page actuelle : elle mélange des stocks (cumuls historiques) et des flux (enveloppes de projets) comme s'ils étaient comparables. La solution : une timeline où chaque financement porte sa nature, sa période et son statut (engagé / signé / décaissé).

46 %
de la dépense de santé payée directement par les ménages
très au-dessus des 15-20 % recommandés par l'OMS
Mesuré 2022 · via BM
confirmé BM, PAD P508171 (2026)
9,4 %
part de la santé dans le budget national
en 2022
Mesuré 2022 · via BM
confirmé BM, PAD P508171 (2026)
53 %
des décès dus aux maladies non transmissibles
hypertension, diabète en hausse
via BM (NCD portal)
confirmé BM, PAD P508171 (2026)
55 %
de la population couverte par la CMU
priorité enfants, personnes âgées, malades chroniques
2023 · SEN-CSU
confirmé BM, PAD P508171 (2026)
Donnée qui répond à la section 2 (couverture CMU) : la Banque mondiale confirme 55 % de la population enrôlée dans la CMU (source SEN-CSU 2023). On peut donc remplacer le « à documenter » du bloc 2 par ce chiffre confirmé. Note : le personnel de santé public est de 23 148 agents, dont 43 % à Dakar, avec un ratio d'1 médecin pour 11 000 en zone rurale (PAD, cohérent avec le 42,4 % ANSD).
2026 → 2031 · PROGRAMME
Banque mondiale · NAATANGUE 2030 · 135 M$
100 M$ crédit IDA + 20 M$ GFF + 15 M$ HSTRF. Coût programme total : 586 M$ (État 79 %). confirmé BM, PAD P508171, 25 févr. 2026
2026 · DON
GFF · 20 M$ (cofinancement + assistance technique)
santé maternelle, infantile, adolescente, nutrition · corrige l'ancien « 10 M$ » confirmé BM, PAD P508171
2026 · DON
HSTRF · 15 M$ (cofinancement)
santé maternelle et infantile, focus équité confirmé BM, PAD P508171
NOV. 2025 · À CONFIRMER
Fonds de pandémie · ~9 M$
Sénégal sélectionné, allocation estimée à confirmer en janvier 2026 à vérifier mention PAD, montant non définitif
confirmé Chaque financement porte : bailleur, montant, devise, dates, programme, don ou prêt, statut. Source : Banque mondiale, Program Appraisal Document P508171 (NAATANGUE 2030), 25 février 2026.
11

Le choc USAID, puis l'après

L'histoire ne s'arrête pas à « USAID suspendue ». Elle va de 2025 (choc de financement) à 2026 (nouvel accord bilatéral), avec une question ouverte : le trou a-t-il vraiment été comblé, et où ?

235,1 M$
Aide américaine au Sénégal · année de référence FY2024
obligations, toutes agences · 94,7 % économique, 5,3 % militaire
FY2024 · obligations
confirmé ForeignAssistance.gov / USAFacts (USAID + Dept. of State)
98 M$
dont secteur « Santé et population »
1er secteur (42 % de l'aide FY2024)
FY2024 · obligations
confirmé ForeignAssistance.gov, USG Sector Summary
74,4 M$
Obligations FY2025 (partielles)
⚠ année perturbée par la suspension · ne pas lire comme une coupe définitive
FY2025 · partiel
confirmé ForeignAssistance.gov / USAFacts · donnée partielle
⚠ Précautions méthodologiques (essentielles) : ces montants sont des obligations (engagements légaux du gouvernement américain), PAS des sommes reçues par l'État sénégalais. En FY2024, 80,2 % des fonds ont transité par des partenaires d'exécution basés aux États-Unis : « aide ciblant le Sénégal » ≠ « argent reçu au Sénégal ». Répartition par agence FY2024 : USAID 131,4 M$, Department of State 92,8 M$. Année fiscale US = 1er oct. au 30 sept. (≠ année civile). FY2025 est partielle et perturbée par la suspension : à ne pas interpréter comme une coupe définitive.
Peut-on retrouver ces montants dans le budget du Sénégal ? Non (vérifié). Le budget de l'État (loi de finances) enregistre l'aide extérieure de façon agrégée, en deux lignes seulement (« dons budgétaires » et « dons projets / en capital »), tous bailleurs confondus. Il n'existe aucune ligne « USAID » ou « États-Unis » identifiable dans le budget voté (ex. LFI 2026 : 191,46 Md FCFA de dons ; LFR 2025 : 241,6 Md de dons projets). Trois raisons : l'essentiel de l'aide américaine ne transite pas par le Trésor sénégalais (seule une part est en « financement direct G2G », le reste passe par des ONG et sociétés) ; les définitions diffèrent (obligations US ≠ décaissements encaissés) ; les calendriers diffèrent (année fiscale US ≠ année civile). Une Direction sénégalaise (Ordonnancement des Dépenses Publiques) suit les décaissements par bailleur et doit produire un « rapport annuel sur l'état de la coopération au développement », mais aucune version publique récente et accessible détaillant les sommes perçues bailleur par bailleur n'a été identifiée. constat vérifié lois de finances (finances.gouv.sn) ; ministère de l'Économie (cadre USAID 2020-2025) ; budget.sec.gouv.sn.
209 M$
Engagements 2024
montant promis (obligations)
2024
confirmé données officielles US via Ecofin
325 M$
Décaissements réels 2024
montant effectivement versé aux programmes · > aux engagements de l'année (projets pluriannuels)
2024
confirmé données officielles US via Ecofin
~98 %
Enfants couverts par la chimioprévention paludisme
dans 16 districts, 2023 · programme financé par les États-Unis (PMI)
2023
confirmé President's Malaria Initiative, plan Sénégal 2023
Peut-on relier chaque dollar à un résultat, par année ? Pas de façon accessible (vérifié). L'USAID publiait un tableau de bord « Dollars to Results » reliant investissements et résultats par pays et par année. Ce portail existe encore en ligne mais bloque la consultation automatisée, et son avenir est incertain depuis la fermeture de l'agence (1er juillet 2025). Résultat : au-delà de résultats programme par programme (paludisme, VIH), aucun bilan annuel consolidé et accessible « montant reçu → résultats santé obtenus » n'a été identifié, ni côté américain, ni côté sénégalais. La distinction engagements (209 M$) / décaissements (325 M$) en 2024 montre d'ailleurs qu'une année de versements finance des projets engagés les années précédentes : on ne peut pas relier mécaniquement le montant d'une année aux résultats de cette seule année.
16e
Rang parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur
entre l'Égypte (242,5 M$) et le Salvador (227,4 M$) · FY2024
FY2024
confirmé USAFacts / ForeignAssistance.gov
Arrêt DHS
Le retrait USAID a stoppé l'enquête nationale de santé
plus de source nationale de données santé financée
2025
confirmé BM, PAD P508171 (2026)
Historique
Évolution de l'aide 2018-2023
le détail par secteur et par année sera ajouté
à venir
à compléter source : ForeignAssistance.gov
18 FÉVR. 2021
Cadre de coopération Sénégal-USAID 2020-2025 : 600 M$
≈ 325 Md FCFA sur cinq ans, signé avec le ministère de l'Économie. Éducation, santé, croissance, gouvernance. confirmé ministère de l'Économie du Sénégal
20 JANV. 2025
Décret présidentiel : pause de 90 jours sur l'aide au développement
« Reevaluating and Realigning US Foreign Aid ». Gel des nouveaux versements + réexamen de chaque programme (dérogations possibles). confirmé whitehouse.gov, 20 janv. 2025
1ER JUIL. 2025
Fermeture définitive de l'USAID
après 64 ans · à distinguer de la pause de janvier confirmé
MARS 2026 · À VÉRIFIER
Nouvel accord bilatéral santé (MOU 2026-2030 ?)
montants 27,3 M$ / 71,4 M$ cités : à confirmer au communiqué officiel à vérifier
CE QU'IL FAUT SUIVRE
La baisse entre 2024 (235 M$) et 2025 (74 M$ partiels)
l'aide santé représentait 98 M$ en 2024. Suivre si d'autres financements (Banque mondiale, État) prennent le relais sur les mêmes programmes : VIH, paludisme, santé maternelle.
Pour les montants EXACTS par secteur et par année au Sénégal : source primaire = ForeignAssistance.gov (portail officiel du gouvernement américain, données par pays/secteur). À consulter directement, les chiffres de presse étant à recouper.

Face au retrait : ce que l'État annonce pour 2026

Dans son adresse à la nation du 31 décembre 2025, le chef de l'État a présenté le bilan santé 2025 et les engagements pour 2026. Ce sont des annonces budgétaires : leur exécution reste à suivre.

91 Md
FCFA pour la santé en 2026
35 centres de santé de proximité + achèvement de l'Hôpital oncologique de Diamniadio + plateaux médicaux
2026 · annoncé
confirmé Adresse à la nation, 31 déc. 2025 (APS, Le Soleil, RTS)
112
ambulances médicalisées prévues en 2026
contre 76 déployées en 2025
2025 → 2026
confirmé Adresse à la nation, 31 déc. 2025
34
postes de santé ouverts ou réhabilités en 2025
renforcement des plateaux techniques, maternités, rapprochement du SAMU
2025 · bilan
confirmé Adresse à la nation, 31 déc. 2025
À suivre : ces montants et infrastructures sont des engagements présidentiels, pas des réalisations vérifiées. L'écart entre l'annonce (91 Md, 35 centres, hôpital oncologique) et l'exécution effective sera à documenter au fil de 2026, comme pour tout budget voté. La question de fond posée par cette section reste ouverte : ces financements nationaux compensent-ils, et où, le retrait de l'aide américaine sur la santé ?
11b

Ce que les audits révèlent : l'argent a-t-il produit des résultats ?

Au-delà des montants, l'Inspecteur Général de l'USAID (OIG) a audité plusieurs programmes au Sénégal. Ces contrôles indépendants disent, projet par projet, si les résultats déclarés étaient réels et vérifiables. C'est la vraie reddition de comptes.

PMI · PaludismeFY2010-11 · 20,3 M$ obligés
Plus de 490 000 structures pulvérisées, plus de 3 millions de moustiquaires distribuées, plus de 20 000 personnes formées. Les auditeurs ont testé 5 indicateurs et les ont jugés valides et fiables. L'OIG conclut que la mission a atteint ses objectifs. objectifs atteints
EPQ · Éducation2010-14 · 15,8 M$ (11,2 M$ décaissés)
Le projet suivait 54 indicateurs, mais l'audit a trouvé de nombreux résultats invérifiables. Exemple : 14 869 élèves déclarés en remédiation, contre 16 355 au recomptage, sans garantie qu'il s'agisse d'élèves uniques. Une évaluation interne montrait que seuls 15 % des élèves atteignaient la maîtrise. Sur l'emploi des jeunes (10-18 ans), aucun des participants examinés n'avait transformé la formation en emploi, faute d'accès au crédit. 251 713 $ contestés : des salaires d'enseignants payés par l'État sénégalais comptés à tort comme cofinancement. résultats fragilisés
RELIT · Éducation (audit financier)2023 · 1,68 M$ de dépenses
L'audit conclut que l'état des dépenses présente correctement les revenus et coûts du programme, sans faiblesse matérielle du contrôle interne. Seuls 2 066 $ de coûts non justifiés (sous le seuil de recommandation) et deux cas de non-conformité. comptes réguliers
Ce que ces audits enseignent (constat vérifié aux rapports OIG) : sur le paludisme, l'argent a produit des résultats concrets et vérifiables. Sur l'éducation (EPQ), le contrôle a trouvé des résultats déclarés que les auditeurs n'ont pas pu valider, et des activités jugées non pérennes. La leçon : un montant dépensé ne garantit pas un résultat obtenu ; seuls des contrôles indépendants permettent de le savoir. confirmé USAID OIG, rapports 7-685-14-002-P (EPQ) et 4-685-25-106-R (RELIT).
confirmé Rapports d'audit de l'Inspecteur Général de l'USAID (oig.usaid.gov), lus à la source.