Observatoire · Souveraineté alimentaire

Nourrir le Sénégal : les champs, le bétail, la mer

Un pays peut cultiver, élever et pêcher, et pourtant dépendre de l'étranger pour remplir les assiettes. Cet observatoire suit la souveraineté alimentaire du Sénégal sur ses trois piliers, l'agriculture, l'élevage et la pêche, à partir de séries statistiques homogènes. Ce qui est produit, ce qui est importé, ce que l'argent public permet d'obtenir, et ce qui reste dans l'assiette des Sénégalais. Sans confondre les sources, sans forcer les conclusions.

Sources officielles datées · DAPSA, ANSD, FAO, Primature, ministère des Finances, Stratégie de souveraineté alimentaire · 2021 → 2026
01

L'agriculture sénégalaise : le poids et le paradoxe

L'agriculture reste un pilier économique et social, mais elle ne suffit pas à nourrir le pays. Un pays majoritairement agricole qui importe pourtant une large part de son alimentation : c'est le paradoxe que cette page documente, chiffre par chiffre.

16,6 %
Agriculture, forêt et pêche dans le PIB
2024 · valeur ajoutée du secteur primaire élargi
confirmé Banque mondiale, comptes nationaux
2 310 018 t
Céréales produites · 2024/25
en baisse de 24,4 % sur 2023/24 (3 056 947 t)
confirmé ANSD, résultats provisoires 2024/25
70 %
Besoins alimentaires importés
diagnostic de la Stratégie de souveraineté alimentaire · données 2022
confirmé Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034
1 070 Md
Importations alimentaires
FCFA · 2022 · selon la même Stratégie
confirmé Stratégie de souveraineté alimentaire
Le paradoxe sénégalais : un pays où l'agriculture occupe une grande partie de la population active, mais où une agriculture de subsistance domine pendant que les villes consomment du riz et du blé importés. Toute hausse des prix mondiaux se répercute alors directement sur les ménages. Le vrai indicateur de souveraineté n'est pas une bonne campagne ponctuelle, mais la part de l'assiette nationale produite localement, et sa progression dans le temps.
Précision de lecture : le chiffre de 70 % d'importations est un diagnostic repris par la Stratégie gouvernementale sur les dix premiers biens alimentaires, en données 2022. Ce n'est pas une mesure annuelle de l'ANSD portant sur la totalité de l'alimentation. ce point est rapporté comme tel, sans être généralisé en « le Sénégal importe l'essentiel de son assiette ».
02

Combien le Sénégal produit-il de céréales ? La question des périmètres

Question simple, réponse incertaine. Selon la source officielle consultée, le chiffre d'une même année change fortement. Ce n'est pas qu'une source ment : c'est que les publications ne mesurent pas toujours le même agrégat, sous des périmètres qui ne sont pas toujours explicités. Voici le problème, sans trancher à la place des institutions.

Des agrégats publiés sous des périmètres qui ne sont pas toujours explicités. Pour la production céréalière 2022, trois sources publiques donnent trois niveaux : environ 2,25 Mt (DAPSA, enquête agricole annuelle), 3,48 Mt (ANSD, campagne 2021/22), 3,66 Mt (Stratégie de souveraineté alimentaire). L'écart atteint 1,4 million de tonnes. on ne peut pas confirmer aujourd'hui que ces trois chiffres prétendent mesurer strictement le même agrégat statistique : c'est précisément là qu'est la difficulté.
Une piste d'explication, à ne pas surinterpréter : le riz pèse une part importante des céréales et peut être compté en paddy (grain brut récolté) ou en riz blanc (après décorticage), l'enveloppe et le son retirant environ 45 % du poids. Sur le riz 2023, cela fait passer d'environ 1,53 Mt de paddy à 0,84 Mt de riz blanc, soit près de 680 000 tonnes d'écart sur cette seule céréale. Le mode de comptabilisation du riz peut donc expliquer plusieurs centaines de milliers de tonnes d'écart dans un agrégat céréalier. Il n'explique toutefois pas à lui seul l'ensemble des divergences : le mil, le maïs et le sorgho ne se convertissent pas selon le même ratio.

Ce qui ne change pas, quelle que soit la source

  • la campagne 2024/25 est en baisse par rapport à 2023/24 : toutes les sources s'accordent sur le sens
  • le Sénégal importe une large part de son alimentation sur les premiers biens
  • la production locale de riz couvre environ la moitié des besoins

Ce qui reste à unifier

  • le périmètre exact de chaque agrégat publié (paddy ou blanc, pluvial ou total)
  • la méthode (sondage DAPSA contre estimations administratives)
  • les révisions successives d'une même campagne
Pour un pays qui a fait de l'autosuffisance alimentaire une priorité, pouvoir mesurer sa production de façon unifiée est un préalable. Aucune source n'est « fausse » : elles ne mesurent pas tout à fait la même chose. confirmé DAPSA (EAA 2022-2023), ANSD (SESN, bulletins), Stratégie de souveraineté alimentaire.
03

Décomposer la récolte 2024/25 : surface, rendement, production

Regarder la seule production totale cache l'essentiel. Une récolte, c'est une superficie multipliée par un rendement. En décomposant filière par filière, on comprend bien mieux où se joue la souveraineté alimentaire. Voici la campagne céréalière 2024/25, telle que publiée par l'ANSD.

FilièreSuperficie (ha)Rendement (kg/ha)Production (t)
Riz239 9773 943946 209
Mil638 3811 059675 910
Maïs164 9063 005495 571
Sorgho123 4461 507186 054
Fonio6 6479446 275
Total céréales1 173 356, 2 310 018
Ce que ce tableau révèle : le mil occupe plus de 2,6 fois la superficie du riz (638 381 ha contre 239 977 ha), mais produit moins de tonnes (675 910 contre 946 209). Ce n'est pas forcément une « mauvaise performance », car les systèmes de culture diffèrent : le riz irrigué atteint un rendement élevé (environ 6 t/ha sur les 64 479 ha irrigués), quand le mil pluvial dépend de la pluie. Mais cela montre pourquoi le rendement, plus que la surface, est la variable centrale de la souveraineté alimentaire. confirmé ANSD, bulletin statistique 2024/25.
04

L'arachide : une chute portée par le rendement

L'arachide reste une filière centrale de l'économie sénégalaise. Sa production a reculé en 2024/25. La série ci-dessous, tirée de l'ANSD sur un périmètre homogène, montre l'évolution campagne par campagne et l'origine de la baisse. La campagne 2023/24 a par ailleurs fait l'objet d'une révision statistique importante, documentée plus bas.

CampagneSuperficie (ha)Rendement (kg/ha)Production (t)
2022/23n.d.n.d.1 501 498
2023/24 révisée832 1031 2711 057 836
↳ ancienne série « définitive »1 253 5271 3361 675 329
2024/25 provisoire780 0721 020795 585
Variation 23/24 → 24/25−6,3 %−19,8 %−24,8 %
La lecture juste : la chute de l'arachide en 2024/25 vient principalement du rendement. Les superficies reculent de 6,3 %, mais le rendement chute de 19,8 %, de 1 271 à 1 020 kg par hectare. La production tombe ainsi de 1,058 million à 795 585 tonnes, soit −24,8 %. C'est beaucoup plus précis, et plus honnête, que « la récolte s'effondre de moitié ». confirmé ANSD, SESN 2024.
Une révision de 617 493 tonnes, peu documentée. De juin à décembre 2024, les bulletins de l'ANSD publient la campagne 2023/24 sous l'intitulé « résultats définitifs » : 1 253 527 ha, 1 336 kg/ha, 1 675 329 t. Ce chiffre figure aussi dans la Lettre de politique sectorielle Agriculture-Élevage 2025-2029. À partir de février 2025, la même campagne apparaît à 832 103 ha, 1 271 kg/ha et 1 057 836 t, avec pour seule mention en note : « les données de la campagne de 2023/2024 ont été révisées ». L'écart est de 617 493 t (−36,9 %) ; il vient surtout de la superficie, révisée de 1 253 527 à 832 103 ha (−33,6 %), non du rendement (−4,9 %). La révision inverse le sens de l'évolution : par rapport à 2022/23, l'ancienne série indiquait une hausse de 11,6 %, la série révisée une baisse de 29,5 %. Les publications consultées ne donnent pas de note méthodologique expliquant une correction de cette ampleur. Une révision statistique n'est pas en soi une manipulation ; mais lorsqu'elle modifie de 37 % une production publiée comme définitive et inverse la tendance annuelle, sa méthode et ses causes devraient être publiquement documentées. confirmé bulletins ANSD 2024-2025 ; Lettre de politique sectorielle 2025-2029.
·

Pourquoi 2024/25 est la pire campagne récente

Plusieurs causes se cumulent. Leur poids n'est pas le même, et certaines relèvent du témoignage des acteurs plus que d'un constat statistique.

1
La pluviométrie
Arrêt des pluies fin août 2024, puis pluies trop fortes en septembre, au moment critique. Selon le porte-parole des producteurs (CCPA), c'est la cause principale. Le rendement à l'hectare recule d'environ 20 %.
Cause majeure
2
Semences et engrais
Des producteurs mettent en cause la qualité irrégulière des semences et un accès limité aux engrais. Point débattu : le CCPA conteste pour l'engrais et pointe surtout la pluie.
Contributif · débattu
3
La dette de l'État sur les subventions
L'État reconnaît lui-même, en conseil interministériel, devoir accélérer l'apurement de sa dette envers les opérateurs au titre des subventions d'intrants.
Contributif
4
Le blocage des exportations
La suspension de l'export des graines brutes (15 nov. 2024) protégeait l'huilier SONACOS. Mais avec un seul acheteur, les producteurs ont eu moins de débouchés : l'effet a porté sur les revenus à la vente, plus que sur le volume produit.
Effet sur les revenus
Prix plancher. Le prix plancher au producteur a été relevé à 305 FCFA/kg en 2024-2025 (contre 280, soit +8,9 %), troisième hausse consécutive. La récolte 2024/2025 reste toutefois nettement inférieure à celle de 2022/2023. à sourcer précisément décision de campagne / CNIA.
305 FCFA/kg
Prix plancher au producteur · 2024/25
contre 280 F, soit +8,9 %, troisième hausse consécutive
à sourcer précisément décision de campagne / CNIA
86,2 %
Part de la Chine dans les exportations d'arachide
en valeur, 2024 · graine brute, non transformée
confirmé ANSD, note commerce extérieur 2024
05

Horticulture : le succès qui pose un nouveau problème

Contrairement à l'arachide, l'horticulture (oignon, pomme de terre, légumes) est la bonne nouvelle du secteur. La production a fortement augmenté, au point que l'État a suspendu certaines importations. Mais le succès crée un défi inattendu : que faire d'une récolte qu'on ne sait pas encore stocker ni transformer.

2,6 Mt
Fruits et légumes · campagne 2024/25
niveau annoncé comme record par la Direction de l'Horticulture
à recouper Direction de l'Horticulture (déclaration), à confirmer sur bulletin ANSD
493 287 t
Oignon · 2024/25
+23,7 % sur un an (un chiffre de 412 000 t a aussi circulé en cours de campagne)
à recouper Direction de l'Horticulture (déclaration)
211 000 t
Pomme de terre · 2024/25
+48,4 % · production qui n'avait jamais dépassé 200 000 t auparavant
à recouper Direction de l'Horticulture ; ANSD (moyenne 151 180 t sur 2019-2024)
Un vrai progrès, mesuré prudemment : la pomme de terre couvre désormais les besoins nationaux (estimés à 150 000 t) et les dépasse. L'État a annoncé l'arrêt des importations d'oignon et de pomme de terre. Le gel temporaire des importations, la subvention des semences (7,3 Md FCFA pour les semences de pomme de terre en 2025/26) et l'engagement des producteurs expliquent cette dynamique. confirmé ministère de l'Agriculture, communiqué de campagne 2025/26 (subvention semences).
Le nouveau défi : gérer l'abondance. La surabondance sur les marchés fait chuter les prix et provoque des pertes après récolte. La Stratégie de souveraineté alimentaire estime les pertes post-récolte horticoles entre 25 et 30 %, faute d'infrastructures de stockage et de conservation. Le problème s'est déplacé : ce n'est plus la pénurie, mais la logistique et la transformation. Une récolte record mal conservée peut se traduire par des invendus bradés et des producteurs perdants. confirmé Stratégie de souveraineté alimentaire ; Direction de l'Horticulture.
06

Le paradoxe du lait : un pays d'élevage qui importe

Le Sénégal dispose d'un cheptel de plusieurs millions de têtes mais importe une part importante de sa consommation de lait. L'écart s'explique principalement par la faible productivité laitière du cheptel local. Le nombre d'animaux ne détermine pas, à lui seul, le volume de lait produit.

~4,5 M
Bovins dans le cheptel national
plus 10 millions de petits ruminants · un capital animal considérable
confirmé chiffres officiels du cheptel, 2023
33 745 t
Produits laitiers importés · 2024
+8 % sur un an, pour une facture de 65,7 Md FCFA (+20 %)
confirmé ANSD, 2024
500-600 L
Lait par vache locale et par lactation
contre ~6 000 L pour une race laitière sélectionnée
confirmé données zootechniques, presse spécialisée
La racine du paradoxe : une vache locale ne produit qu'entre 500 et 600 litres de lait par lactation, quand une laitière sélectionnée en donne près de 6 000. Le cheptel est nombreux et adapté au climat sahélien, mais il ne donne pas assez de lait. Le pays importe donc environ la moitié de sa consommation de produits laitiers, surtout en poudre. La production nationale a tout de même progressé de 15,2 % entre 2017 et 2021, à environ 280,6 millions de litres. confirmé ANSD, USDA.
La réponse de l'État, à suivre : un Programme national de développement intégré de l'élevage (PNDIES, 51 Md FCFA avec l'appui de la BAD et de la BID) a été lancé en mai 2024, misant sur l'amélioration génétique. L'État a aussi financé l'importation de races à fort potentiel (génisses laitières en 2024, 1 050 bovins du Brésil reçus fin décembre 2025, pour 3 Md FCFA dont 1,45 Md subventionné). L'objectif affiché : réduire de 45 % les importations laitières d'ici 2040. C'est un engagement de long terme que cet observatoire suivra. confirmé ministère de l'Agriculture, 2024-2025.
07

La pêche : premier fournisseur de protéines, sous pression

La pêche est le troisième pilier de la souveraineté alimentaire. Elle fournit une part majeure des protéines consommées, fait vivre plusieurs centaines de milliers de personnes et génère des devises. Les stocks de plusieurs espèces sont en repli, et une part du poisson débarqué est exportée ou transformée hors de la consommation directe.

~500 000 t
Poisson débarqué par an
dont environ 80 % par la pêche artisanale
confirmé ministère des Pêches, FAO, analyses sectorielles
3,2 %
Part de la pêche dans le PIB
et 12 % du PIB du secteur primaire · ~300 Md FCFA d'exportations
confirmé Stratégie de souveraineté alimentaire, ANSD
~53 000
Emplois directs de pêcheurs
et plus d'un demi-million d'emplois liés (mareyage, transformation)
confirmé FAO
Quand la ressource se raréfie, le départ devient une option. Environ 600 000 personnes tirent tout ou partie de leurs revenus de la pêche. Mareyeurs et femmes transformatrices perdent leur activité quand les prises baissent ; faute de débouchés, de jeunes pêcheurs figurent parmi les candidats à l'émigration irrégulière vers les Canaries, souvent à bord des mêmes pirogues. Près de Saint-Louis, le chantier gazier GTA ajoute une contrainte sur les zones de pêche (voir l'observatoire pétrole-gaz). à recouper Environmental Justice Foundation ; ANSD ; presse spécialisée.
Le poisson, première protéine des Sénégalais : il fournit environ 70 % des apports en protéines animales, à raison de près de 29 kg par habitant et par an, davantage sur la côte. Tout ce qui réduit sa disponibilité touche directement la sécurité alimentaire, surtout des ménages les plus modestes. confirmé Stratégie de souveraineté alimentaire.
Un tonnage élevé peut masquer un appauvrissement. Ce qui compte n'est pas seulement combien de poisson sort de l'eau, mais combien reste accessible et abordable pour les ménages. Or les captures par pirogue auraient chuté de 58 % entre 2012 et 2019 selon l'ONG Environmental Justice Foundation : il faut aller plus loin, plus longtemps, pour ramener moins. à recouper Environmental Justice Foundation.
08

Les sardinelles sous pression : une ressource partagée

La sardinelle est l'espèce la plus accessible pour les ménages. Elle migre le long des côtes de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau : sa gestion relève donc autant de l'échelle régionale que nationale. Les évaluations scientifiques récentes en font état ci-dessous.

Captures sous-régionales (tonnes)202020222024
Sardinelle plate336 480339 000233 793
Sardinelle ronde193 43673 000118 587
Les deux sardinelles sont surexploitées. Selon le groupe de travail COPACE / FAO (résultats préliminaires, mai 2025), la sardinelle plate voit sa mortalité par pêche dépasser le seuil de durabilité depuis 2020, et la ronde est surexploitée depuis 2016 avec une biomasse critique depuis 2020. Le groupe recommande de réduire de 60 % la mortalité par pêche pour les deux espèces. Comme le stock est commun aux quatre pays, aucun ne peut le gérer seul. confirmé groupe de travail COPACE / FAO, mai 2025.

Mauritanie Eaux clés · accord en renégociation

Ses eaux, plus poissonneuses, sont vitales pour les pêcheurs sénégalais. L'accord avec le Sénégal est en cours de renégociation pour un cadre plus complet. Elle gère ses petits pélagiques par quotas depuis 2016.

Source : ministères des Pêches SN/MR, 2024-2025

Sénégal Accord Mauritanie + repos biologique

Dépend de l'accès aux eaux mauritaniennes, surtout pour Saint-Louis. Accord bilatéral signé en juin 2024, prolongé jusqu'au 13 novembre 2025 en attendant un nouveau cadre. Plans d'aménagement et repos biologique en place.

Source : ministère des Pêches, 2024-2025

Gambie Gestion régionale partagée

Partage les mêmes stocks de sardinelle. Membre de la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), qui coordonne la gestion des petits pélagiques avec le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée-Bissau.

Source : CSRP / COPACE, 2025

Guinée-Bissau Farine interdite (2026)

A interdit la production de farine et d'huile de poisson fin janvier 2026, après le changement politique de novembre 2025, pour protéger la sécurité alimentaire et les stocks partagés. Mesure pionnière dans la sous-région.

à recouper enquête récente (2026)
Le Sénégal dépend aussi de l'accès aux eaux mauritaniennes pour ses pêcheurs, notamment ceux de Saint-Louis. Un accord bilatéral a été signé en juin 2024, prolongé jusqu'au 13 novembre 2025 en attendant un nouveau cadre. Des périodes de repos biologique et des plans d'aménagement sont en place. confirmé ministère des Pêches, 2024-2025.
09

Trop de capacité, et une flotte opaque

Au-delà des accords de pêche, la capacité de capture de la flotte est élevée au regard de l'état des stocks. Une partie de la flotte industrielle sous pavillon sénégalais est détenue par des intérêts étrangers, via des sociétés mixtes.

17 449
Pirogues répertoriées fin 2023
soit 43 % du parc piroguier national selon la note ministérielle
confirmé Direction des pêches maritimes, liste de mai 2024
132 + 19
Navires industriels sous pavillon sénégalais + étrangers
liste publiée en mai 2024 · 7 493 permis dénombrés
confirmé ministère des Pêches, mai 2024
3 800 → 17 000+
Parc piroguier en vingt ans
la surcapacité n'est pas maîtrisée, le nombre a augmenté
confirmé Direction des pêches maritimes, Fondation Jean-Jaurès
Une précision de méthode importante : la note ministérielle indique que les 17 449 pirogues représentent 43 % du parc piroguier national recensé. On ne peut pas déduire de ce chiffre, ni des 7 493 permis, un « taux de permis par pirogue », faute de clarification officielle sur le périmètre exact de ces deux données. Les rapprocher pour en tirer un pourcentage serait une erreur.
Le mécanisme du prête-nom : pour pêcher dans les eaux sénégalaises comme un navire national, un chalutier étranger se « repavillonne » via une société censée détenir 51 % de capital local, une condition souvent contournée par des sociétés écrans. Des organisations professionnelles signalent une forte présence d'intérêts étrangers, notamment chinois, derrière certains navires sous pavillon sénégalais. La liste publiée en 2024 ne permet pas d'identifier les bénéficiaires effectifs : on ne déduit pas la propriété réelle du seul nom des navires. à recouper CAOPA, Aprapam, Greenpeace.
10

La farine de poisson : l'assiette détournée vers l'élevage

Une partie des poissons accessibles aux familles est transformée en farine et en huile destinées à des élevages en Europe et en Asie. Cette section documente les volumes concernés et leurs effets sur l'approvisionnement local.

Pour 1 kg de farine de poisson
3-7 kg
de poisson frais consommable
Pour 1 litre d'huile de poisson
23 kg
de poisson frais consommable
Le circuit : la demande vient de l'aquaculture mondiale (Chine, Norvège, Turquie). Le saumon d'élevage vendu en Europe peut être nourri au poisson sauvage ouest-africain. Des usines de farine sont installées à Cayar et Joal, où le collectif Taxawu Cayar a porté l'affaire en justice. Les femmes transformatrices et les mareyeurs, qui achetaient le poisson aux pêcheurs pour le marché local, ne peuvent pas s'aligner sur les prix des usines : ils perdent leur métier pendant que la ressource part à l'export. confirmé Greenpeace, Changing Markets, CCFD-Terre Solidaire.
Données à consolider : plusieurs chiffres circulent sur l'ampleur du phénomène (de l'ordre de 334 318 tonnes de sardinelle et ethmalose transformées en 2017 selon Greenpeace, environ 8 usines recensées, plusieurs milliers de tonnes importées par des groupes turcs). elles sont citées comme estimations d'ONG et marquées à vérifier, faute de série officielle consolidée. Le principe du détournement est établi ; les volumes exacts restent partiels. à recouper Greenpeace, Changing Markets, DeSmog.
11

Pêche : ce qui est publié, ce qui manque

En mai 2024, le ministère a publié pour la première fois la liste des navires autorisés, une demande portée de longue date par plusieurs organisations. La liste ne mentionne pas les bénéficiaires effectifs des navires et exclut les dossiers en cours de renouvellement.

DonnéeStatut
Liste des navires autorisés (mai 2024)publiée
Bénéficiaires effectifs (propriétaires réels)non publiés
Audit de la flotte, promis depuis ~20 ansnon publié
Licences en cours de renouvellementexclues de la liste
Quantités transformées en farine de poissonpartiel, via ONG
Prix du poisson par espèce au marchénon consolidés publiquement
L'accord avec l'Union européenne, chiffres à l'appui. Le protocole de « partenariat de pêche durable » a été signé en 2019 pour cinq ans : les navires UE ciblent le thon et le merlu noir, au-delà de 12 milles nautiques. En mai 2024, la Commission européenne adresse un « carton jaune » au Sénégal, pays pré-identifié comme non coopérant contre la pêche illicite (INN). Le 17 novembre 2024, le protocole expire sans être renouvelé : l'UE invoque les défaillances INN, le Sénégal revendique une décision souveraine. Sur cinq ans, l'accord a représenté 8,5 M€ versés au Sénégal (environ 5,5 Md FCFA), plus 900 000 €/an pour la gestion des stocks. Les navires UE capturaient environ 10 000 t, soit moins de 1 % des prises totales. En 2024, 19 licences avaient été délivrées, mais seuls 11 navires ont réellement pêché. Le reproche de fond ne porte pas sur le volume, mais sur le manque de valeur ajoutée locale (le poisson est transformé ailleurs) et sur la transparence des négociations. confirmé délégation de l'UE ; note ministérielle.
La donnée qui manque le plus : sur 100 kg de poisson débarqués, combien finissent réellement dans l'assiette sénégalaise, une fois retirés l'export brut, la farine et les pertes après capture ? Cette mesure, essentielle pour juger la souveraineté alimentaire, n'est pas publiée de façon consolidée. De même que les prix par espèce au marché, qui diraient si la première protéine du pays reste abordable. la recherche de ces séries se poursuit.
12

Ce que l'État met, ce que les champs sortent

Le budget des campagnes agricoles augmente chaque année. Les deux séries ci-dessous, budget et production, sont présentées côte à côte. Ce tableau ne mesure pas la rentabilité de la subvention : la pluviométrie et les superficies pèsent fortement sur le résultat. Il permet de suivre si la hausse de l'effort budgétaire s'accompagne, ou non, d'une évolution des volumes produits.

CampagneBudget de campagneCéréalesArachide
201940 Md, ,
2022> 80 Md, ,
2023/24100 Md3 056 947 t1 057 836 t
2024/25120 Md2 310 018 t795 585 t
2025/26130 Mden attenteen attente
Ce que les séries permettent de dire, prudemment : le budget public de campagne est passé de 100 à 120 Md FCFA entre 2023/24 et 2024/25, soit +20 %. Sur la même période, la série ANSD fait passer la production céréalière de 3,057 à 2,310 millions de tonnes, et l'arachide de 1,058 million à 795 585 tonnes. Les documents budgétaires eux-mêmes attribuent la baisse de 2024 à l'effet combiné des rendements et des superficies, dans un contexte climatique défavorable. confirmé DPBEP, rapport économique et financier PLF 2026, Primature.
Ce qu'on ne peut PAS conclure : on ne peut pas écrire « 120 Md dépensés pour produire 795 585 tonnes d'arachide », car les 120 Md financent toute la campagne, pas la seule arachide. Et la baisse de production ne s'impute pas aux seules subventions : le rendement, la surface et le climat ont fortement pesé. Le budget est un intrant parmi d'autres, pas la cause unique du résultat.
13

120 milliards pour la campagne 2024/25 : où est la ventilation ?

C'est la donnée la plus importante, et elle manque. L'État confirme avoir porté le budget de campagne à 120 Md FCFA. Les documents budgétaires indiquent que l'enveloppe a soutenu les semences, les engrais et les produits phytosanitaires. Mais un citoyen ne peut pas savoir combien est allé à chaque poste, ni pour quel résultat physique.

120 Md
Budget de campagne annoncé · 2024/25
FCFA · soutien aux semences, engrais, phytosanitaires
confirmé Primature, rapport économique et financier PLF 2026
−24,4 %
Production céréalière
sur la campagne 2024/25
confirmé ANSD
−24,8 %
Production arachidière
sur la campagne 2024/25
confirmé ANSD
Non retrouvée
Ventilation financière détaillée
par poste, avec quantités livrées et bénéficiaires
non identifiée dans les documents publics consultés
Poste de la campagne 2024/25CréditPayéQuantité livrée
Semences arachide???
Semences céréales???
Urée???
Engrais NPK???
Matériel???
Produits phytosanitaires???
Ce que cette absence signifie : la baisse de production ne peut pas être imputée aux seules subventions, on l'a dit. Mais sans ventilation publique de l'exécution des 120 Md FCFA, il est impossible pour un citoyen de mesurer combien a été dépensé par intrant, pour combien d'hectares et de producteurs, et avec quel résultat. L'absence de cette donnée est, en soi, une information que cet observatoire documente. la recherche de cette ventilation se poursuit dans les lois de finances et rapports de performance du ministère.
14

Semences : le problème ne date pas de 2024

Derrière les récoltes, il y a la qualité du système semencier. Une étude publiée en 2025, s'appuyant sur les travaux de la DAPSA et citant l'audit de la Cour des comptes sur les semences arachidières 2017-2020, a contrôlé 61 points de collecte. Les résultats décrivent un système aux failles anciennes de traçabilité et de contrôle.

88 %
Points où les quantités homologuées à collecter sont inconnues du gestionnaire
confirmé étude 2025 · 61 points étudiés
0 %
Points appliquant les normes de collecte observées
confirmé étude 2025 · 61 points étudiés
93 %
Lots ou points concernés par la bruche de l'arachide
moisissures relevées dans 89 %, termites dans 85 %
confirmé étude 2025 · 61 points étudiés
Périmètre à respecter : ce n'est pas un audit national 2025 de toute la campagne. L'étude porte sur 61 points de collecte suivis, et les observations correspondent en partie à une période antérieure. Elle ne décrit donc pas à elle seule la campagne 2024/25. Ce qu'elle établit, c'est que le système semencier avait déjà des problèmes documentés de traçabilité, de contrôle et de stockage, bien avant la mauvaise campagne. confirmé étude 2025 citant l'audit Cour des comptes semences arachidières 2017-2020.
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Importer l'assiette, exporter la graine

Deux mouvements résument la fragilité du modèle. D'un côté, le pays achète à l'étranger une large part de ce qu'il mange. De l'autre, il exporte son arachide en graine brute, sans la transformer sur place, perdant la valeur ajoutée.

1,38 Mt
Riz importé · 2024
premier poste d'importation alimentaire, 3e poste tous produits
confirmé ANSD, note commerce extérieur 2024
~50 %
Besoins en riz couverts par la production locale
en équivalent riz blanchi · le reste importé
à recouper ministère de l'Agriculture, ANSD, SAED
86,2 %
Exportations d'arachide vers la Chine
en valeur, 2024 · graine brute non transformée
confirmé ANSD 2024
Quand on vend la graine, on perd l'huile. Les exportateurs chinois achètent la récolte au prix fort, au détriment des huileries locales (SONACOS) qui ne peuvent s'aligner. La valeur ajoutée (huile, tourteau, emplois industriels) part à l'étranger. Pour protéger SONACOS, l'État a interdit l'export de graines brutes d'octobre 2024 à mars 2025, puis instauré une taxe de 40 FCFA/kg pour 2025/26. En janvier 2026, face aux difficultés d'écoulement, il a autorisé l'export de 300 000 à 450 000 tonnes et levé cette taxe au-delà de 100 000 tonnes, en échange du rapatriement des devises. confirmé ministères de l'Agriculture et du Commerce, Primature.
Le blé (pain, pâtes) n'est quasiment pas produit localement ; l'huile végétale et le lait non plus. Cette dépendance creuse le déficit commercial et fait que toute flambée des prix internationaux ou une dévaluation se traduit aussitôt par une hausse du coût de la vie. La Stratégie vise une couverture de 42 % pour le blé et 32 % pour l'huile végétale.
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La fiabilité des chiffres agricoles : un débat ancien et trans-partisan

La contestation des statistiques agricoles n'est pas récente et traverse plusieurs régimes. La frise ci-dessous en retrace les épisodes documentés, en distinguant ce qui est établi de ce qui relève de la déclaration politique.

2008
Présidence Wade
La crise alimentaire et les mauvaises récoltes replacent la fiabilité des diagnostics agricoles et alimentaires au centre du débat public.
2018
Présidence Sall
Les chiffres de production sont publiquement contestés ; un responsable ministériel défend leur fiabilité. La formulation exacte n'a pas été retrouvée à la source et n'est pas citée entre guillemets.
2021
Présidence Sall
L'opposant Abdoul Mbaye conteste les chiffres gouvernementaux de la campagne 2020-2021 (avril 2021, rapporté par Africa Check).
2024
Régime actuel
Le pouvoir issu de 2024 conteste à son tour une partie des chiffres hérités du régime précédent.
Statistiques agricoles : contestées, mais pas auditées comme les comptes publics. Les divergences entre chiffres agricoles relèvent de périmètres, de méthodes d'enquête et de révisions statistiques qui doivent être documentés source par source. À ce jour, aucun rapport d'audit établissant une manipulation volontaire des résultats de production agricole n'a été identifié dans les sources publiques consultées. Cette situation ne doit pas être assimilée aux écarts de finances publiques établis par la Cour des comptes en 2025, qui relèvent d'un autre système statistique et comptable. Les deux dossiers ne sont pas comparables.
Pour Africa Check, citant le directeur de la DAPSA Ibrahima Mendy, ce sont souvent les responsables politiques qui contestent le plus les résultats, alors que les statistiques passent chaque année par une validation du CILSS, de la FAO et du Programme alimentaire mondial. La méthode (sondage sur plus de 6 000 ménages, appuyée par la FAO depuis 2017) a des limites réelles, mais elle n'est ni « virtuelle » ni propre à un gouvernement. Le débat peut justifier une réforme de la statistique ; il n'efface pas le fait que toutes les sources s'accordent sur le sens : 2024/25 est la plus mauvaise campagne récente.
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Les fragilités structurelles du secteur

Le potentiel agricole est immense, mais une série de freins, aggravés par les dernières saisons, tirent le secteur vers le bas. Ce sont eux qui font qu'une bonne campagne ne se maintient pas dans la durée.

Les freins

  • dépendance à la pluie : sans eau, pas de récolte
  • faible mécanisation, productivité dégradée
  • dégradation et salinisation des sols
  • exode rural des jeunes
  • peu de transformation locale, valeur ajoutée perdue

Ce qu'il faudrait pour stabiliser

  • irrigation, pour ne plus dépendre de la seule pluie
  • stockage, pour lisser les récoltes
  • assurance récolte, contre les aléas
  • transformation locale, pour capter la valeur
  • ventilation transparente de l'argent public engagé
L'agriculture sénégalaise est décrite comme très vulnérable aux aléas climatiques : une même filière peut faire une année record puis reculer fortement la suivante. Sans irrigation, stockage, assurance et transformation, les résultats d'une saison ne se maintiennent pas. C'est pourquoi suivre la trajectoire, campagne après campagne, compte plus que célébrer un chiffre isolé.
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Sources et méthode

Cette page repose sur des séries statistiques primaires, en veillant à ne jamais fusionner des séries de périmètres différents. La presse n'est utilisée que comme point de départ vers les documents officiels.

Production (sections 2, 3, 4) : ANSD, situation économique et sociale (SESN) et bulletins statistiques (céréales 2024/25 : 2 310 018 t sur 1 173 356 ha ; décomposition par filière ; arachide 2023/24 et 2024/25 avec superficie, rendement, production). DAPSA, enquête agricole annuelle 2022-2023. Les divergences de la production céréalière 2022 (2,25 / 3,48 / 3,66 Mt) sont présentées comme des agrégats de périmètres non toujours explicités, sans trancher.
Budget de campagne (sections 5, 6) : DPBEP (passage de 40 Md en 2019 à plus de 80 Md en 2022), documents budgétaires (100 Md pour 2023/24, 120 Md pour 2024/25), Primature et conseil interministériel (120 Md confirmés, 130 Md pour 2025). Le rapport économique et financier du PLF 2026 attribue la baisse agricole de 2024 à l'effet combiné des rendements et superficies. La ventilation détaillée des 120 Md par poste n'a pas été retrouvée dans les documents publics consultés : c'est signalé comme tel.
Semences (section 7) : étude publiée en 2025 sur le système de collecte et de stockage des semences d'arachide (61 points étudiés), s'appuyant sur les travaux DAPSA et citant l'audit de la Cour des comptes sur les semences arachidières, gestions 2017-2020. Périmètre limité affiché explicitement.
Dépendance et commerce (sections 1, 8) : ANSD, note d'analyse du commerce extérieur 2024 (riz importé 1,38 Mt ; Chine 86,2 % des exportations d'arachide). Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034 (70 % des besoins importés et 1 070 Md FCFA en 2022 ; cibles blé 42 %, huile 32 %). Poids du PIB : Banque mondiale, comptes nationaux (16,6 % pour agriculture, forêt et pêche, 2024).
Élevage et lait (section 6) : ANSD (cheptel, importations laitières 33 745 t et 65,7 Md FCFA en 2024), USDA (production laitière 280,6 M litres, +15,2 % entre 2017 et 2021), ministère de l'Agriculture (PNDIES 51 Md FCFA, importations de races, objectif −45 % d'ici 2040).
Pêche (sections 7 à 11) : ministère des Pêches et Direction des pêches maritimes (liste de mai 2024 : 132 navires sous pavillon sénégalais, 19 étrangers, 17 449 pirogues représentant 43 % du parc, 7 493 permis). FAO et groupe de travail COPACE (mai 2025 : captures de sardinelle sous-régionales, surexploitation, recommandation de −60 % de mortalité par pêche). Stratégie de souveraineté alimentaire (poids économique, 70 % des protéines animales). Environmental Justice Foundation (−58 % de captures par pirogue 2012-2019). Greenpeace, Changing Markets, CCFD-Terre Solidaire, DeSmog (farine de poisson, marqués à recouper). Délégation de l'UE (accord 2019-2024 non renouvelé, moins de 1 % des prises).
Fiabilité (section 16) : Africa Check, DAPSA, FAO. Validation annuelle CILSS/FAO/PAM, méthode par sondage de plus de 6 000 ménages appuyée par la FAO depuis 2017.
Précautions : les taux de couverture du riz varient selon qu'on raisonne en paddy ou en riz blanchi ; les chiffres de campagne annoncés par le gouvernement ne sont pas toujours des données ANSD consolidées ; la production dépend fortement de la pluviométrie et peut varier brutalement d'une année à l'autre. Plusieurs données restent à revalider à la source primaire (prix plancher 305 F, ventilation des intrants) et sont signalées « à sourcer » ou « à recouper » dans la page.